Rennes – Nantes (1 - 0) : le dernier derby ?
L'équipe Première
Rennes – Nantes (1 - 0) : le dernier derby ?
Tancréde Adnot | 11/04/2021

Il y a un peu plus d’un an, Nantes et Rennes s’affrontait dans un derby de feu, au Roahzon Park. Au terme d’un match fou, les canaris s’inclinaient 3-4 dans les ultimes minutes. Malgré la défaite, il y avait cependant une certaine fierté. Les canaris s’étaient battus comme des lions et notre saison nous laissait espérer un espoir d’Europe. Aujourd’hui, même match, même lieu, mais Nantes est à la porte des enfers, là où Rennes cherchait à maintenir son statut européen. Dans une rencontre fermée, Nantes n'a voulu attaquer que dans les 3 dernières minutes, avec le même résultat depuis des mois. Vu la situation , on se demande si on reverra un Nantes-Rennes de sitôt...

Première mi-temps verrouillée

Roahzon Park, sous la pluie, plus que quelques coups à jouer pour espérer survivre dans un derby qui même pour les supporters rennais, a perdu de sa saveur. Mais qu’importe, Nantes doit éviter son Waterloo et Coach Kombouaré le sait. Conscient des faiblesses de son groupe, il aligne un 11 très défensif avec une triplette défensive Castelleto, Pallois, Traoré avec Lima et Corchia en renfort. L’objectif est clair, empêcher Nantes de prendre le premier but, car on sait bien ce qu’il en est si les canaris sont menés d’entrée de jeu. Mais pourtant, il ne faut qu’une soixantaine de secondes pour que Rennes se montre déjà dangereux avec un centre très dangereux de Martin Terrier qui passe devant la cage vide de Lafont.

Nantes ne sait pas relancer pour le moment, alors à défaut, on tente de verrouiller derrière en subissant la présence rennaise dans son camp. Mais peu d’action offensive pour le moment, seulement des duels musclés et il faut dire que la lourde pluie force à plus de temps pour contrôler le ballon. On est habitué à ce que des erreurs nous fassent plonger, et comme la semaine dernière Pallois nous offre un gros moment de stress en contrôlant mal sa balle en pleine surface. Les rennais récupèrent immédiatement le ballon mais Lafont est encore une fois impeccablement rapide pour sortir et écarter le danger.

Et puis ? Et puis pas grand-chose en fait, les deux blocs se neutralisent assez bien. On voit que Rennes a plus d’intérêt à attaquer et s’exposer que Nantes, mais le groupe de Kombouaré reste assez bien en place malgré la grosse possession rennaise (69%). Sans rythme constant, aucune dynamique ne se créer dans le match et les 22 acteurs rentrent au vestiaire à 0-0.

Nantes cède trop rapidement

Dès le retour sur le terrain, la tendance reste la même, Nantes ne veut surtout pas bouger et Rennes veut percer ses lignes. Si la tactique canarie aurait pû sonner logique, elle n'avais de sens que si elle tenait bon. Malheureusement, comme trop souvent, c'est dès les premières minute que les nantais cèdent. Sur un semi-caffouillage, l'attaque rennaise joue dos au but. ... trouve Martin Terrier en coin de surface qui enroule une superbe frappe brossée qui fonce en lucarne. Lafont saute très haut certes, mais il est avancé d'un mètre en trop. Vu la position de départ de Terrier, son placement était logique puisqu'il devait plutôt se placer pour anticiper un centre : 0-1 (53e). 

Le système Kombouaré avait pour but de ne pas en prendre. Menés 0-1 avec les statistiques que l'on connait des nantais lorsqu'ils sont menés, avec une équipe en face qui prend la quasi-totalité de la possession, autant dire qu'il va falloir rapidement réorganiser. Mais Rennes veut maintenir sa pression et enchaîne les frappes. Terrier, puis Camavinga, se heurtent aux jambes de Pallois ou aux gants de Lafont. Kolo Muani et Simon sont quasi-muets de l'autre côté. Kolo Muani qui tente de trouver quelqu'un en débordant, mais l'absence de nantais est ridicule, tout comme l'est la tentative de Corchia d'obtenir un pénalty, tout comme Moses Simon qui se permet un coup de coude à la douce sur un joueur rennais, que la VAR à la grâce de ne pas transformer en rouge. 

Nantes reste sur la défensive

Rennes reste à 68% de possession, et Nantes n'est pas en mesure d'attaquer convenablement. Il reste 15min et enfin Kombouaré se décide a utiliser...ce qu'il peut utiliser, à savoir Coulibaly. Mais rien ne change, Nantes ne peut pas prendre en contre des rennais qui respectent tranquillement leur placement et restent présent devant la surface. Coulibaly et Kolo Muani sont presque seuls sur de longues balles. Le temps passe, et l'on ne voit ni tir, ni percée, ni corner, ni centre...Le temps passe sans qu'aucune balle dangereuse ne se présente dans la surface rennaise. Comme souvent (toujours) cette saison, Nantes se réveille à la 89e avec un centre de Kolo Muani sur une action enfin construite, la première du match, mais le centre passe devant le but rennais sans trouver preneur. Fin du match dans un silence de mort, on à l'habitude. 


Nantes est venu à Rennes avec une ferme intention défensive, un choix qui pouvait se respecter. Mais les canaris ont quand même cédé, sans remettre en cause leur tactique et en ne décidant de jouer que dans les dernières seccondes. Dans ces circonstances, il était difficile d'espérer une vague offensive nantaise tenter de se sauver avec un nul. Offensivement, côté nantais, il n'y a eu rien, rien, rien. En soi, ça n'était pas le pire match de l'année et le but de Terrier est magnifique, mais il n'est pas une excuse. Nantes perd encore, sa 14e défaite de la saison. Il reste 6 matchs, on vous dirait 6 finales, 6 rencontres pour tout jouer, 6 matchs pour tout donner...

On se demande cependant si nous aurons encore l'occasion d'un derby avec nos voisins rennais ? Car honnêtement, à ce stade de la saison, quel joueur se sent encore concerné ? Il ne reste plus qu'à prier que nos rivaux au classement perdent leurs point, sinon, on peut commencer à prospecter nos potentiels adversaires pour les barrages...si toutefois nous avons assez de talent pour y prétendre. A moins que notre Direction ne prépare déjà le prochain mercato pour nous trouver les futures pépites dont il a le talent de nous dégoter. 


On a bien aimé 

La cohésion du bloc défensif en première mi-temps. La tactique catenaccio à la nantaise avait bien tenu la première mi-temps. 

Alban Lafont. Oui, il va partir, oui il est capitaine d'un chalutiers ivre, mais Lafont est un dernier rempart toujours aussi impliqué. 

On aimerait bien 

Des joueurs concernés. A l'évidence, la motivation n'est présent que chez quelques éléments parmis les nantais. Les autres montrent dans leur language corporel et leur comportement qu'ils n'ont plus la tête à ce que Nantes va devenir. Comme on l'a suggéré la semaine dernière : n'y a-t-il pas quelques jeunes de N2 voulant gagner leur place ?