Que sont-ils devenus ? Episode II - Fernando Aristeguieta
Que sont-ils devenus ? Episode II - Fernando Aristeguieta
L'équipe Première
Que sont-ils devenus ? Episode II - Fernando Aristeguieta
Grand artisan de la remontée du FC Nantes en ligue 1 lors de la saison 2012-2013, l’attaquant vénézuélien a marqué les esprits de la Beaujoire de part sa gentillesse et son amour du maillot. Malgré plusieurs prêts, l’attaquant n’est pas parvenu à s’imposer en Europe et évolue maintenant de l’autre côté de l’Atlantique, où il a réussi à se faire un nom.
Max Drodelot
08 November 2019

Surnommé “El colorado”, l’attaquant avait rejoint les canaris en 2013 en provenance de son club formateur, le Caracas FC, où il était devenu un titulaire indiscutable. Surveillé par plusieurs clubs européens comme la Real Sociedad, l’Athletic Bilbao ou encore l’Olympique de Marseille, il choisit finalement le FC Nantes et signe sous la forme d’un prêt avec option d’achat. L’international vénézuélien s’adapte rapidement au système de Michel Der Zakarian et est souvent associé aux côtés de Filip Djordjevic sur le front de l’attaque. Auteur de 8 buts, dont un doublé au Mans (23ème journée, 0-3) et un triplé face à Châteauroux (32ème journée, 0-4), l’attaquant séduit les supporters et les dirigeants nantais, qui lèvent l’option d’achat d’environ un million d’euros à l’issue de la saison. En ligue 1, Aristeguieta peine à marquer et est prêté plusieurs fois. Il  s’envole d’abord vers le Philadelphia Union en février 2015 (22 matchs, 5 buts), puis rejoint le Red Star en ligue 2 en février 2016 (8 matchs, 1 but). 

Ne comptant plus dans les plans de Der Zakarian, Aristeguieta quitte définitivement le club à l’issue de la saison 2015-2016 et signe libre en janvier 2017 chez le club portugais du Nacional Madeire. Mais le transfert s'avère vite être un échec puisque l’ex-canari ne marque qu’un but en 13 rencontres disputées. Ce passage au Portugal marque malgé tout profondément l'avant-centre. Lors de manifestations au Venezuela contre le régime de Maduro en mai 2017, un de ses amis perd la vie suite à des violences policières. Grand amateur de littérature, il avait alors pris la plume pour rendre hommage à son ami et écrit le texte “Le Venezuela saigne”. Dans celui-ci, il lance un véritable cri du coeur et dénonce le gouvernement mis en place: “J’espère que bientôt nous pourrons te voir libre, mon Venezuela, libre en grandissant de nouveau. [...] Je t’aime tant, mon Venezuela”. 

C’est donc presque naturellement que l’ancien canari retourne au pays en signant au Caracas FC en juillet 2017. Titulaire indiscutable, El Colorado inscrit 16 buts en 30 matchs et emmène son club formateur en Copa Sudamericana (l’équivalent de l’europa league pour les clubs sud-américains). Il marque notamment un but en 16ème de finale lors du match retour face au Sport Huancayo (Pérou), assurant la qualification du club. Mais Aristeguieta et ses coéquipiers s’inclinent lors du tour suivant face au futur vainqueur de la compétition, le club brésilien de l’Atletico Paranaense. 

Ses bonnes prestations lui valent de rejoindre l’un des clubs les plus prestigieux de Colombie, l’América de Cali en juillet 2018. À la suite de la meilleure saison de sa carrière (19 buts en 35 matchs), El Colorado est sélectionné pour disputer la Copa America 2019 avec le Venezuela. Mais l’attaquant ne dispute aucun match et assiste depuis le banc à la défaite des siens en quarts de finale face à l’Argentine (2-0). 

L’ex-canari a quitté l’Amérique du Sud cet été pour le Mexique. Il y a rejoint le club de première partie de tableau, Morelia, pour un peu moins de 900 000 euros. Titulaire, il a pour l’instant inscrit 4 buts en 16 matchs de championnat. Après s’être fait un nom en Amérique du Sud, Aristeguieta part donc maintenant à la conquête de l’Amérique centrale. Du haut de ses 27 ans, El Colorado devrait avoir encore quelques belles années à vivre de l’autre côté de l’Atlantique. Inspiré par son auteur préféré, Mario Vargas Llosa, l’attaquant pense toutefois à reprendre plus souvent la plume et aspire même à une carrière d’écrivain, une fois les crampons raccrochés.