Nantes-Lyon (3-4) : Le mot du soir ? Précocité.
Nantes-Lyon (3-4) : Le mot du soir ? Précocité.
L'équipe Première
Nantes-Lyon (3-4) : Le mot du soir ? Précocité.
Après la victoire à Bayonne au premier tour, lors de la désormais célèbre « Bataille du champ de patate », Nantes retrouvait une pelouse en état de marche pour accueillir Lyon en seizièmes de finales et espérait s’offrir un parcours prolifique en coupe, en bonus d’un championnat qui se passe au mieux. Mais Lyon n’a pas tardé à faire comprendre aux canaris et à toute la Beaujoire qu'il ne fallait pas prendre le match à la légère. Et quand on dit ‘pas tardé’, on ne plaisante pas.
Tancréde Adnot
19 January 2020

Le match plié en 8 minutes ?

La partie va s’engager devant une Beaujoire bien garnie… Qui va rapidement se faire cueillir à froid. Dès la 55e secondes. Les lyonnais avancent mollement vers leur première offensive. Cornet dribble et cherche Terrier, qui veut passer à Dembélé, qui foire totalement sa frappe… se transformant en centre qui prend tout le monde à contrepied, sauf le petit Rayan Cherki âgé de 16 ans, se retrouvant seul balle au pied face à Lafont. Petit crochet, et but ouvert : 0-1. Bon, 55 secondes, c’est… C’est pas beaucoup on ne va pas se mentir.

Malheureusement nous ne sommes pas au bout de nos peines. Deux minutes plus tard, Traoré accélère, sert tranquillement Terrier. Alban Lafont fonce boucher l’angle, ça parait cuit… Heureusement c’est le poteau. Nantes veut montrer une réaction rapide avec Blas qui se présente. Mais deux minutes plus tard encore, Bertrand Traoré, le lyonnais, récupère une balle très très très mal gérée par Charles Traoré. L’ailier lyonnais n’a plus qu’à aller en surface, et sert Rayan Cherki dans l’axe, plat du pied. En 9 minutes, Lyon a déjà fait 4 tirs, pour deux buts et un poteau. Cherki marque ses 2e et 3e buts de sa toute jeune carrière.

Nantes réagit et Emond ouvre le compteur !

Nantes ne démord pas et veut maintenir son jeu. Blas tente de déborder sur la gauche, il est bien encadré par les lyonnais et cherche un partenaire, il sert Simon qui déborde avec propreté, et lance un centre à mi-hauteur. Qui surgit ? Renaud Emond ! Le belge coupe la trajectoire de la balle, place une tête très au centre, certes, mais bien trop rapide pour Lopez. On respire un peu : Il y a match ! 1-2. Quelques minutes plus tard, c’est encore Moses Simon qui est bien lancé vers Lopez ! Les lyonnais sont pris de vitesse, par contre la frappe de Simon est trop croisée. Dommage !

S’en suit une séquence gardiens. D’abord, Lafont nous sort une parade énorme en se couchant au sol avec vitesse sur une frappe de Dembélé sur un centre en retrait de Cornet. A notre tour : Emond sert bien Blas, qui met en retrait pour Abeid en tête de surface, la frappe est magnifique et bien placée et force Lopez à la parade à son tour !

Lyon remet la clim'

Dans cette bataille qui va d’un but à l’autre, c’est Martin Terrier qui finit par être bien lancé, une nouvelle fois, mais par Cherki. Terrier pousse sa balle un peu loin sur la dernière touche, Lafont en profite pour sortir… ce n’est cependant pas assez, Terrier pointe le ballon dans le filet : 1-3.

Mi-temps. Si la partie ne manque pas de piquant, Lyon bouffe littéralement les canaris dans le jeu aériens, Charles Traoré est DRA-MA-TI-QUE, tant l’arrière nantais se fait débordé par tout lyonnais souhaitant faire une promenade dans le couloir droit...

En seconde mi-temps, à défaut de marquer aussi vite que Lyon, Nantes offre un beau pressing et de l’engagement, en investissant la zone lyonnaise et enchaînant les tentatives de frappe et les coups de pieds arrêtés. Nantes campe, presse, et c’est ce qu’il faut faire.

Nantes réactive le mode « Boulette ».

Sauf que les bonnes habitudes de la première mi-temps reviennent : Traoré, cette fois dans l’axe, sert Cherki…et pour la 5759e fois du match, le trou défensif nantais sur sa gauche est béant. Cherki croise un tout petit peu trop sa frappe et on frôle le triplé. Est-ce que Nantes comprend qu’il doit se ressaisir ? Oh que non… Lors d’une circulation de balle anodine, Basila ne voit pas Dembélé venir (est-il prévenu par ses coéquipiers ?) et se fait surprendre, avant de stopper l’attaquant lyonnais illicitement dans la surface…pénalty.

Dembélé se présente, place une belle frappe au sol avec peu d’élan, mais devinez quoi ? Lafont anticipe avec excellence et se couche parfaitement ! Magnifique arrêt ! Lafont a littéralement bloqué la balle. Sauf que 60 secondes après, Dembélé est lancé par … Cherki. Encore sur la droite… Il arrive à dépasser Lafont pour pousser la balle dans le but vide : 1-4. Concrètement, l’exploit du portier nantais est totalement jeté à la poubelle par ses défenseurs. Vous savez quoi ? Nantes continue de boire la tasse côté gauche. Cette fois c’est Terrier qui s’échappe, qui nous sauve ? Lafont encore qui se baisse à temps.

Puis les canaris… Mettent le feu !

La partie semble pliée… Néanmoins Simon va profiter d’une balle mal dégagée par la défense lyonnaise pour prolonger un débordement abordé sur la gauche. Simon voit Louza dans l’axe, qui est servi avec précision : ficelle ! 2-4. Nantes tente d’enflammer le match. Limbombe, entré en jeu, manque de peu de battre Lopez. Quelques secondes après, bien trouvé par Touré, son centre trouve Simon qui pique la tête, et Andersen s’embrouille les pinceaux et la balle passe la ligne ! 3-4 !

Ça pousse dans le stade ! Les nantais pressent dans la surface. Louza, Bamba, ont des positions de frappe qui se font lever la foule. Seulement Lyon va réagir, et Lafont sort encore une parade. Et au lieu de jouer jusqu'au bout... Nantes se laisse entrer dans le jeu de dupe des lyonnais qui prennent trop de temps sur une touche et laissent le match pourrir dans une bagarre. Quelle naïveté nantaise ! 

Un dernier espoir ? Le portier lyonnais Lopez sauve une frappe de Touré et capte l'ultime corner.

On s’arrêtera là, le mot du soir est précocité : Un but pris trop tôt, puis un deuxième, puis une réaction qui arrive rapidement aussi… C'est surtout un gamin précoce du nom de Rayan Cherki qui termine avec 2 buts et 2 passes décisives à 16 ans. Enfin, précocité, pour dire simplement que Nantes se fait sortir dès les 16e de finale de cette coupe de France.  

On a bien aimé :

Les réactions nantaises : Franchement, c’est dur de dire qu’on ne s’est pas battu, on n’a jamais baissé le rythme et le fait de courir après le score n’a jamais démotivé l’équipe. En témoigne cette remontée de 1-4 à 3-4.

Renaud Emond : Marquer dès son 2e match, c’était une bonne mise en confiance.

Alban Lafont : Quatre buts c’est beaucoup, mais sans Alban ce soir, on en prenait 6 ou 7. C’est très regrettable que son arrêt sur pénalty ait été immédiatement éffacé par… Un 4ème but pour Lyon.

On aimerait bien :

Que ça se remette en cause en défense côté gauche : Bertrand Traoré s’est baladé une dizaine de fois. Basila aussi se fait chiper la balle bêtement avant de provoquer le pénalty. Bref. Dans quelle galaxie étions-nous derrière ?

Rentabiliser notre travail : Le pénalty arrêté ? On prend un but une minute après. Quelle bêtise quand on remet 2 buts derrière !

Que l’on soit moins naïf : ce soir, c’est un adolescent de 16 ans qui nous a mis une leçon. Soyons honnêtes, on lui a donné tout l’espace dont il avait besoin. Ensuite, la bagarre en toute fin de match, offre gentillement les dernières secondes aux lyonnais...