Le navire coule-t-il toujours ? Retour sur 6 dates noires du FC Nantes et leurs conséquences
L'équipe Première
Le navire coule-t-il toujours ? Retour sur 6 dates noires du FC Nantes et leurs conséquences
Tancréde Adnot | 10/12/2020

Je sais, je sais, en voyant ce titre, vous fuyez tous. Je vous entends derrière vos écrans à soupirer « Ils vont nous remuer le couteau ceux-là ». Alors, est-ce que La Maison Jaune a vraiment envie de vous parler des raclées qu’on a prises depuis le début du millénaire ? Oui. Non pas pour vous torturer, non pas pour vous dire que notre situation aujourd’hui aurait toujours pu être pire…. Mais bien pour que nous prenions un moment pour prendre du recul, et réfléchir sur ce que nous vivons au FC Nantes. Car nous l’avons déjà vécu, plus d’une fois.

Après son revers dramatique contre Strasbourg, et l’éviction du 16e coach de l’ère Kita, le fait est que le FC Nantes aujourd’hui n’est ni reléguable, ni immédiatement menacé de l’être, car nous n’avons même pas encore passé la pause hivernale. La déroute de Strasbourg et ses conséquences, s’inscrivent dans une lignée de sombres défaites nantaises. Mais ont-elles toujours condamné le FC Nantes ? Ont-elles toujours eu les mêmes conséquences ? Rien n’est moins sur, et avant que nous nous acharnions sur les plateaux de débats pour dire que tout va mal, revenons un peu sur ces moments très pénibles, et ce qu’ils nous ont apporté ou non, et comment le club a réagis, car c’est bien de cela qu’il est question : réagir, et de la bonne manière.

 

FC Nantes 0 - 5 Girondins de Bordeaux

6 septembre 2000 - 5e journée

Situation du club après la rencontre : 7e

Conséquences de la défaite : aucune, Nantes champion de France.

« Le signe indien », l’expression faisait froid dans le dos, autant qu’il faisait déjà froid à la Beaujoire en ce presque automne 2000. Un signe indien, pour signifier le mal que le club avait, à l’époque, à gagner avec une certaine régularité, tout en faisant plutôt face à un genre de pouasse dans son propre stade. À l’aube de la saison 2000-01, le FC Nantes sort d’une année complexe, et la série de 6 défaites d'affilée est encore dans les esprits. Raynald Denoueix, en championnat, n’a pas forcément un bilan glorieux, une saison 11e, puis 7e, puis 12e avec un risque de relégation. Mais le coach nantais a deux coupes de France, un trophée des champions, un groupe solide, des éléments charismatiques et l’esprit du jeu à la nantaise.

Mais voilà, la mayonnaise a quand même du mal à prendre, avec une défaite face à Lens, mais des victoires contre Monaco, Guingamp, Marseille et Toulouse. Puis arrivent les Girondins de Bordeaux, et les canaris vont prendre l’eau de toute part. Comme très souvent dans l’histoire du championnat de France, les canaris ont eu l’occasion d’être « la première victime » d’un joueur, pour sa première en pro, en club etc…et ce soir, le nom du bourreau porte le numéro 22, et répond au nom de Pedro Miguel Pauleta. Le portugais est d’abord servi par Dugarry, puis par Laslandes, pour deux têtes, deux buts. Quand ça n’est ni Dugarry, ni Laslandes, c’est Olembe lui-même qui passe la balle à l’aigle des Açores pour un triplé. Laslandes et Marc Wilmots en rajouteront une couche (Pauleta, Laslandes, Dugarry, Wilmots… ça va l’attaque bordelaise…) et Nantes offrira une défense famélique, un marquage en carton, une concentration inexistante, à l’image du 3e et 5e but que Nantes donne totalement à Bordeaux sur des passes que personne ne regarde. Sur la pelouse, les filets tremblant encore, on lit sur les lèvres du capitaine Landreau « C’est pas grâve, allez ! » mais ni le public ni la presse ne sont dans la même idée… et Nantes rentre au vestiaire, humilié.

Cette déroute, c’est sans nul doute un exemple plus qu’intéressant car dans le contexte actuel, la Direction nantaise perdrait très vite patience et commencerait à regarder ailleurs envers Denoueix. Car après une saison 1999-2000 plutôt inquiétante, mais une seconde coupe de France remportée, le FCNA et son coach s’élancèrent dans une nouvelle saison avec un effectif quasi-inchangé, ou sinon légèrement renforcé avec Moldovan, Laspalles, Ziani, Silva. Problème, la morosité et la difficulté à percer son encore là, et le début de saison reste très incertain pour les canaris quand arrive Bordeaux. Mais autres temps, autres mœurs, à l’époque, on fait confiance à un homme que tout le monde connait, et connu du club depuis trois décennies. Et oui, Nantes était dans le mal, mais Nantes jouait bien, très bien, et cette défaite n’était qu’un couac, un « oups » dans une saison qui allait prendre des airs de rêve étoilé, malgré une 15e place à l’automne. Même après la défaite, Landreau explique « C’est collectivement qu’on a sombré ce soir » avant de reprendre le sourire « bon après comme dis le dicton, mieux vaut prendre une fois 5-0 que cinq fois 1-0 et c’est ça qu’on va retenir ». Dans cette réaction du capitaine, tout est là, on sent que même après cette déroute, le groupe reste fort et uni, il sait jouer, il sait réagir. Même s’il faudra attendre cinq matchs pour que les canaris retrouvent la victoire. Mais on connait tous la fin…

Résumé du match : https://www.youtube.com/watch?v=koevm7MkrRE


FC Nantes 0 - 1 CS. Sedan Ardennes

1ier avril 2007 - 5e journée

Situation du club après la rencontre : 20e

Conséquences de la défaite : Nantes devient lanterne rouge. Fabien Barthez quitte le terrain.

Un cauchemar en plein dimanche après-midi. Ce jour-ci tout était réuni pour un scénario immonde : la grisaille au-dessus de la Beaujoire, un groupe au bord de l’implosion, un capitaine à deux doigts de la bagarre avec la Brigade Loire, et un adversaire faible, affreusement faible, la lanterne rouge même, le CS Sedan Ardennes, littéralement sans-dent dans ce championnat de France. Dans une Beaujoire comble (35 500 spectateurs !) venus espérer voir Nantes prendre trois points faciles face au boulet de la Ligue 1, les canaris alignait des éléments avec des qualités : Barthez, Cetto, Da Rocha, Payet, Diallo, Keseru. En face d’eux : Yohann Lachor, et Grégory Pujol…Le CSSA était la victime idéale pour prendre trois point et recoller au premier non-reléguable le… le Paris-Saint-Germain (une autre époque hein ?).

Mais voilà, bien que l’on ait Michel Der Zakarian en odeur de sainteté depuis quelques temps, ce jour-là, le jeu présenté par son équipe est absolument pathétique. Aucune motivation, des attaques aphatiques, une défense totalement bouffée par les sangliers qui eux-mêmes se demandent comment ils peuvent percer si facilement les lignes nantaises, des relances de Barthez en mode parpaings qui ne trouvent personne, et à la 51e le but de Ducourtioux, à l’image du match : un gag. D’ailleurs, le but devrait être plutôt attribué à Barthez qui se troue légendairement, et surtout, vu que Ducourtioux ne semblait lui-même pas viser le but. Barthez demande un remplacement, prétextant un coup à la cuisse, mais dans le regard de celui que beaucoup considèrent comme le plus grand gardien français de l’histoire, on voit surtout un ras-le-bol et une envie de partir, ce qu’il fera 2 semaines plus tard… Les canaris, eux, ne se bougeront pas d’un pouce pour changer ce scénario et attendront patiemment la fin du match pour partir sous les sifflets. Sedan apprécie le cadeau fait, et Nantes vient gentiment prendre la place des ardennais à la 20e position de Ligue 1. Sans pour autant être à l’origine de gros changement, cette défaite, fera que Nantes coulera match après match, et ne remontera jamais à la surface. C’est aussi ce match qui aura enclenché la fin de carrière de Barthez. Quand même un portier aux deux finales de coupe du monde ne peut pas vous sauver…

Résumé du match : https://www.youtube.com/watch?v=db03unu1HA8


FC Nantes 0 - 6 Olympique Lyonnais

30 novembre 2016 - 15e journée

Situation du club après la rencontre : 19e

Conséquences de la défaite : Plus grosse défaite de l’histoire à la Beaujoire. Plus grosse victoire de l’histoire de l’Olympique Lyonnais. Renvoi de René Girard, arrivée de Sergio Conceiçao, Nantes remonte à la 7e place à la fin de saison. 

Le choix de Girard était à l’image de ce que parfois nous ressentons sur les décisions du club depuis 20 ans : au mieux une fausse bonne idée, au pire, un choix totalement incompréhensible. Et pour le cas de René Girard, c’est la deuxième option. Girard qui pourtant est un coach expérimenté, et surtout, il est celui qui mena Montpellier au titre en 2012… rien que ça. Dès sa nomination, l’engouement est nul, et très vite, le ressenti se traduit sur le terrain, avec un football fade, grisâtre, sans saveur, et surtout sans résultat : défaites contre Monaco, Bordeaux, Metz (0-3), Marseille, Rennes, Nice, Paris ; nuls fades contre Nancy, Saint-Etienne, Toulouse et Lille. 3 misérables victoires, et un sentiment clair : personne ne veut voir René Girard ici.

Il suffira d’un prétexte, une défaite en plus par exemple, mais quelle défaite : une humiliation. Sitôt sur le terrain, les nantais présentent des noms sortis de nos cauchemar : Kacaniklic, Thomsen, Stepinski, Harit… le peu de talent (Dubois, Gillet, Diego Carlos) n’a ni poids ni motivation. Et ce sont successivement Tolisso, Lacazette, Gonalons pour la première mi-temps, Valbuena, Diakhaby et Nabil Fékir qui n’a même pas envie de fêter son but. La défense nantaise était devenue un jouet pour les Gones, Riou s’est mis en mode savonnette… bref, ce fut la débandade totale, l’humiliation la plus forte jamais vue de toute l’histoire, de, toute, l’histoire.

Le lendemain, avec un FC Nantes qui ne peut même pas faire un top 10 de ses plus beaux buts de la saison (puisqu’il n’y en a que 9…) on explique gentiment à René Girard de ne jamais remettre les pieds sur une pelouse de Ligère. Probablement la seule fois où la Direction Kita, la Brigade Loire et tous les supporters nantais étaient dans la même idée….

Et c’est là l’importance de prendre du recul sur ces défaites. Car à la suite de ce match et à René Girard succède le seul soleil brillant de la décennie pour le FC Nantes en ligue 1 : 6 mois de Sergio Conceiçao. Le coach portugais, ancien joueur charismatique de la seleçao de la génération Figo, avait alors tout compris à ce que Nantes avait besoin. Avec lui, terminés les matchs mous, terminés les dispositifs d’un football froid, lent, axé sur une défense qui ne change rien, et une attaque à qui l’on demande de ne pas trop en faire. Les 6 mois de Sergio à la tête de l’effectif sont ceux d’un entraîneur passionné, gueulard, rageux et surtout en pleine fusion avec le groupe. Jamais depuis 2013 l’on n’avait vu ça et plus jamais depuis d’ailleurs : chaque soir les nantais allaient de l’avant, attaquaient, couraient, marquaient des buts, parfois surprenant, comme celui de Pardo contre Dijon, plein de physique, de dribble et de malice. Conceiçao avait peut-être compris qu’en Ligue 1, il ne fallait pas se prendre le choux, et foncer. Et c’est ce qu’il a demandé. Résultat ? Après une mise en jambes un peu ratée à Guingamp (défaite 0-2), Nantes tape Montpellier, Angers, Montpellier encore, Blois, laisse passer Nancy en coupe de la ligue, puis bat Toulouse, Caen, résiste bien au PSG (0-2), puis à Rennes (1-1). La suite sera plus équilibrée, mais les canaris ne perdrons jamais deux matchs d’affilée, et un certain Emiliano Sala commencera à s’imposer comme le grand patron en attaque….

Résumé du match : https://www.youtube.com/watch?v=WMMfq-KHvFo


FC Nantes 1 – 1, 2 - 2ap, 3 - 4 t.a.b T.A. Rennes

9 décembre 2011 – Coupe de France

Situation du club après la rencontre : élimination en 64e de finale (8e tour) de la coupe de France.

Conséquences de la défaite : Aucune

Un derby ça ne se joue pas, ça se gagne comme dirait l’autre. Le derby favori de nos supporters est bien souvent celui contre Rennes, le Stade Rennais, et parfois, la défaite est au bout, et c’est forcément une douleur pour les fans. Alors imaginez-vous que Nantes est allé réussir l’exploit de perdre ce derby, contre Rennes, mais attention, pas le Stade Rennais de ligue 1 qui joue la Ligue des champions aujourd’hui. Non, on vous parle de la « Tours d’Auvergne » de Rennes (TA), un club de Division d’Honneur. Un club du dimanche, avec une pelouse du dimanche, qui botte les fesses d’un club professionnel avec son palmarès que l’on connait…

En 2011-12, Landry Chauvin coache un FC Nantes qui a frôlé la disparition du milieu professionnel. Après la nouvelle descente en Ligue 2 en 2009, on espérait tous que le retour en Ligue 1 serait une formalité, comme pour la saison 2007-08, une période de remise en cause, un temps pour les idées nouvelles, pour repartir du bon pied. Mais non, en 2009-10, Nantes termine 15e à deux petits points du premier reléguable en National, en 2011, 13e à trois points d’avance.… Nous sommes dans l’ère la plus sombre du club, sans nul doute, car celui-ci sombre dans l’anonymat le plus complet. Mais la remontée de 2012-13 avec Der Zakarian approche et entre-temps, il y a cette saison 2011-12, avec Landry Chauvin, qui apporte du mieux au club, des noms commencent à s’imposer : Riou, Veretout, Djordjevic, Bessat, Veigneau. Les résultats sont meilleurs, mais Nantes vit encore des soirées où l’on sent que le risque de voir ce qu’est le FCN mourir pour de bon est encore présent.

Ainsi, dans le stade…. Les nantais, après une victoire laborieuse en prolongation contre l’US Le Bouscat, club de DHR, font face à la TA Rennes. Le 11 nantais n’est pas si anonyme que ça : Vivian, Djilobodji, Cissokho, Veretout, Pancrate, Gakpe, Bessat, Djordjevic ou même Sylvain Wiltord sont présents. Mais non, rien n’y fera, Nantes présente un football comme sur un FIFA en mode légende avec une armée de joueur de niveau 50, à l’image du second but où l’on se demande qui sont les amateurs de DH, voire même de départementale 2…. Ce soir on verra des professionnels qui ne savaient même pas tenir debout, et qui laissèrent des joueurs amateurs les dribbler par 5 pour aller au but ! Pour les supporters nantais, le 2e but de la TA Rennes pour égaliser sera d’ailleurs de trop, certains d’entre-eux tentant même de rentrer sur la pelouse, interrompant le match !

Pourquoi ce match n’a pourtant pas eu de conséquence ? Indirectement, il en a eu, car après ce match, Nantes va enchainer une bonne série pour remonter dans le top 5 de ligue 2, le groupe va vivre ses premiers succès qui l’emmèneront vers la montée l’année suivante. L’autre raison d’absence de conséquence directe, c’était qu’à l’époque, il était admis que Nantes n’était plus qu’un club rentré dans le rang, et qu’il devait faire ses preuves, comme tout le monde. Ensuite, l’élimination a eu « la chance » de n’avoir lieu qu’aux tirs-aux-buts et à sa loterie. Enfin, malgré cette défaite immonde pour le prestige du club, dans l’ensemble, Chauvin et son groupe montraient que le club avait passé sa période de nausée.

Images du match : https://www.youtube.com/watch?v=Fa7QU1FQFtE  - https://youtu.be/CcTfFhkLd_I


Le Havre A.C 4 -0 FC Nantes et C.S.Sedan Ardennes 3 – 0 FC Nantes

 2 novembre et 1ier décembre 2009 – 13e et 16e journée

Situation du club après les rencontres : 2e puis 7e  de Ligue 2

Conséquences des défaites : Renvoi de Gernot Rohr, lancement d’une série de 8 matchs sans victoire, fin de saison à 2pts de la relégation en National.

Encore le CSSA dis-donc…entre la coupe de France 99, la montée de 2013, mais aussi le match de 2007 et maintenant celui-ci, on se dit que les ardennais pourraient presque vous raconter l’histoire moderne du FCN aussi bien qu’un canaris pur beurre. Alors que la première descente en Ligue 2 avait été pris avec philosophie par beaucoup de fans du club, comme une sorte de cure de désintox’, de purge d’éléments mauvais, d’une réorganisation interne, d’un nouveau départ, très vite récompensés par une remontée rapide, la seconde descente toute aussi rapide qui s’en suivi n’eu pas du tout le même effet. Cette fois-ci, le club était livré à lui-même. Le FCN n’était plus que l’ombre de ce qu’il pouvait être, et la lassitude avait conquis les supporters. Dans cette ambiance morne, on se met à croire que la Ligue 1 nous tendra les bras rapidement, qu’il faut encore revoir notre copie…mais non, le FCN va sombrer cette saison, qui sera la pire de son histoire professionnelle : 15e de ligue 2. Soit à 3 places du football amateur.

Avant ce drame, le récent président Waldemar Kita jette son dévolu sur Gernot Rohr, sans qu’il ne soit forcément sa priorité. Mais la présence de Rohr est gratifiante. Après tout, l’homme a été le coach de Zidane, Lizarazu, dans leurs années bordelaises, son bilan avec Nice n’était pas catastrophique, et en tant que joueur, il avait son expérience de la Bundesliga. En soi, pas un mauvais choix. Et d’ailleurs, au mois d’octobre, l’opération « remontée rapide épisode 2 » est en bonne voie. Le club se trouve 2e et n’a qu’une seule défaite à son actif ! Mieux, voilà 11 matchs que Nantes n’a plus perdu. C’est dans cette sérénité que les canaris arrivent au Stade Jules Deschaseaux au Havre, dont l’équipe possède deux têtes familières, Nicolas Gillet et Mamadou Diallo, pour continuer leur belle série. Et soudain, c’est la tuile : 4-0 pour les havrais face à des canaris désemparés. Pourtant, les Nantais semblaient en place durant toute la première mi-temps, avant de prendre quatre buts en treize minutes. Je répète, QUATRE BUTS, en TREIZE MINUTES. On ne le sait pas encore, mais c’est le début d’un grand plongeon. Défaite à Guingamp, nul à Chateauroux… plus rien ne va, littérallement. Et voici Sedan, au Stade Louis Dugauguez, avec des canaris qui semblent totalement dans les choux, ne proposant plus rien depuis trois semaines. Rohr fait confiance à ses hommes, mais ce 11 de départ va vous faire froid dans le dos : Lubos Kamenar,  Jean-Jacques Pierre, Florian Jarjat, Rémi Mareval, Massamba Sambou, Djamel Abdoun, Stéphane Darbion, Papa Malik Ba, David De Freitas, William Vainqueur et Moncef Zerka

Le match n’offrira rien de mieux qu’un désespoir total, et le vent de la ligue 1 qui passe loin au dessus des têtes nantaises. Comme contre Le Havre, Nantes tiens, mais comme contre le Havre, il faut moins de quatorze minutes pour que Nantes boive la tasse, par trois fois. Le Moigne, Oliveira, Mokake seront les trois bourreaux d’un FC Nantes qui a soudainement perdu son football, ses ambitions, ses objectifs. Le scénario du match est un classique : des sedanais prenables, une équipe nantaise venue sur la pelouse pour ne rien faire, de la « molesse » à souhait, et surtout, aucune envie de faire mieux. 3-0 pour les ardennais, et Nantes quitte le stade pour aller se cacher dans les forêts qui entourent la ville. Le surlendemain, remplacé par Jean-Marc Furlan, qui restera…3 mois tout juste, avant d’être à son tour remplacé par Philippe Anziani… qui sera rapidement congédié également.

Là aussi, ce cas mérite étude, car ça n’est finalement qu’un sale mois qui coute la place à Gernot Rohr, dont l’équipe canarie jouait sa partie très convenablement jusqu’alors. Difficile de se dire s’il n’aurait pas été plus judicieux de laisser un peu de temps au coach pour resserrer les vis et repartir de l’avant…. Son départ n’améliorera rien, au contraire… et il faut avouer que certes, le jeu était mauvais, mais les deux défaites au Havre et à Sedan se font sur un effondrement collectif de courte durée. Rohr estimait que Nantes était un projet intéressant, et que c’était sa meilleure option…n’aurait-il pas mieux valu d’attendre un peu plus ? Quoi qu’il en soit, après une victoire contre Arles-Avignon, début décembre, Nantes ne gagnera plus un seul match avant fin février…Quant à Rohr, il trouvera son bonheur en tant que membre du staff de la sélection du Nigéria, qui l’a emmené au dernier mondial, ça change des défaites contre Clermont quand même…

Résumé Le Havre vs Nantes :  https://www.youtube.com/watch?v=zs_IBbPmJ_4

Statistiques du match à Sedan : http://www.mondedufoot.fr/resume/ligue-2-2009-2010-cs-sedan-fc-nantes/


FC Nantes 0 - 4 R.C. Strasbourg

6 décembre 2020 - 13e journée

Situation du club après la rencontre : 14e

Conséquences de la défaite : Renvoi de Christian Gourcuff

La Maison Jaune et votre rédacteur du jour n’ont pas été hypocrites envers vous par rapport à ce match : c’était une purge, une humiliation. La saison 2019-2020 n’avait pas forcément apporté grand-chose, mais, il y avait des points plutôt encourageants, des joueurs qui se distinguaient, une équipe capable de réagir lorsque menée au score, et des matchs couperets ou quelques victoires décisives étaient à quasi-portée de main, dans une ligue 1 très serrée. Et surtout, pour la saison 2020-21, le coach était encore en place, une stabilité suffisemment rare pour s’en féliciter, et le groupe miné par les blessures était cette-fois au quasi-complet. Avec les bonnes intentions de la première année, on espérait une progression, au moins, une petite entrée dans la course aux spots à l’Europe, au mieux.

Et il est vrai que Christian Gourcuff a dû gérer les absences dues au COVID, les blessures, les suspensions, et des VAR à géométrie variable. Mais petit à petit, la résistance à ces circonstances difficiles qui, à défaut d’apporter des bons résultats, apportait des résultats suffisants et obtenus avec du cœur, succéda une résignation qui, match après match, se ressentait de plus en plus.

Le pinacle de cette résignation, c’est d’abord le match à Marseille où Nantes prend un but dès 4 minutes, un fait de jeu devenu rageusement répétitif, en s’assurant de ne surtout rien offrir en terme de réaction. Malgré la situation, il en faut peu à Nantes pour se sortir de la mélasse. Et lorsque Strasbourg arrive à la Beaujoire, c’est là que l’effectif nantais affiche clairement son souhait d’être absent du terrain face au 19e de ligue 1 et ses trois petites victoires au compteur. Dans ce match, les deux entraîneurs savent qu’ils jouent leur place, alors on se dit que le challenge est présent, et qu’il y a des preuves à faire, mais cela ne sera vrai que d’un côté, et évidemment, pas celui des nantais. Résultat, un 0-4 avec un niveau de jeu pathétique, une envie inexistante, en un mot : rien. Gourcuff fait ses changements offensifs après le 3e but, et plus personne ne décide de faire quoi que ce soit sur le terrain. « Une honte », « dans la merde », les joueurs réagissent lucidement, et Gourcuff résume lui-même qu’il n’a pas peur de la suite, qu’il est « la pour donner un coup de main » ce qui en dit suffisemment sur le sentiment d’investissement de tout le monde. Gourcuff sera renvoyé deux jours plus tard.

Quel impact pour ce match ? On ne le sait pas encore sur le terrain, mais dans les esprits, c’est la première fois que l’on ressent aussi fortement ce sentiment, ce questionnement : changer d’entraîneur, soit, mais concrètement, ou va-t-on ? Paradoxalement, la position de Nantes n’est pas la pire comparée aux autres précédentes… alors pourquoi ce sentiment est-il désormais si fort, à l’image de la une du journal Ouest France « Un club qui tourne en rond ».

Résumé du « match » : https://www.youtube.com/watch?v=R09R5OVH5TE

Il est triste d’en arriver là, mais c’est bien là où nous sommes : à défaut de pouvoir faire des résumés d’exploits des canaris, on ne peut que prendre du recul sur les vagues d’échecs qui sont notre quotidien de supporter depuis quinze ans maintenant.…

Et si l’on regarde cela, avec tout le recul et le calme nécessaire, que voit-on ? On remarquera que ces moments difficiles arrivent très souvent passé au moins un tiers de saison, et pour la plupart, on malgré tout connu une fin pas si catastrophique : au mieux, un titre, au pire, une descente déjà inévitable, et généralement, le maintien après une saison fade. Au final, notre soucis, plus que d’être bons ou mauvais, il est surtout nécessaire de savoir comment cesser de vivre et revivre ces moments. Pour cela, le FC Nantes a besoin d’un objectif clair.

Telle est la conclusion de ce « top 6 » sorti des limbes : Quel est l’objectif du club aujourd’hui ? Quel est le sens du jeu qui sera proposé ? Est-ce qu’il faut considérer que cet entraîneur fait partie d’un projet, ou juste un nouvel intérimaire, et qu’il n’y a donc aucun intérêt à porter attention à ce qui va se passer désormais ? N’est-il pas simplement plus honnête de dire désormais que ce qui est attendu chaque année, c’est le maintien, et rien d’autre ? Car sinon, quels sont concrètement les espoirs et objectifs que nous mettons dans ces innombrables changements ?