Le cauchemar continue à la Jonelière
Le cauchemar continue à la Jonelière
Féminines
Le cauchemar continue à la Jonelière
Allo Houston, nous avons un problème… Et même un très gros problème. Les joueuses de Tanguy Fétiveau sont en train de ruiner leur saison, tout simplement car elles sont incapables de gagner un match à domicile. Éloignées de la maison, elles affichent quasiment un parcours de championnes. Mais de retour à la Jonelière, elles inventent à chaque fois une nouvelle façon de s’incliner. Et cela commence à faire cher, avec plusieurs points laissés en route en championnat, et ce dimanche, une élimination précoce en Coupe de France face à Orléans.
Fabrice Harcouet
26 November 2019

Il faut le reconnaître d’emblée, le tirage n’était pas simple. Affronter une équipe de deuxième division dès le premier tour fédéral de Coupe de France, c’est assez corsé. En plus, les Orléanaises étaient revanchardes après leur défaite à domicile lors de la cinquième journée de championnat au mois d’octobre (0-2.) Un match que les coéquipières de Marine Arragon-Pervier, encore absente ce dimanche, s’étaient simplifiées en se montrant réalistes tôt dans le match. Mais une rencontre loin d’être facile, notamment face à l’agressivité adverse, et malgré la supériorité numérique d’environ 20 minutes faisant suite à l’expulsion de la gardienne orléanaise.
La rencontre s’annonçait donc délicate et disputée. Pour y faire face, et pour la première fois de la saison, le staff reconduisait le même onze que la semaine précédente. Celui-ci ayant apparemment donné satisfaction lors de la victoire à Saint-Malo (0-5.)

 

Une équipe nantaise aux deux visages

 

Composition en première mi-temps : 4-2-3-1
Malbo
Lhotelier, Messager, Dinglor, Louis-Joseph
Gathrat (cap.), Le Moguedec
Béché, Peneau, Baldé
Goutard

On ne le saura que plus tard, mais en fait, le début de match s’avère être un teaser de ce qu’il va se passer tout au long de la rencontre. En cinq minutes de jeu, trois contre-attaques basées sur des passes en profondeur dans le dos d’Elodie Dinglor et Julia Louis-Joseph sont lancées. Les deux premières échouent. La troisième fait mouche avec une finition puissante de Marine Cochelin et une main gauche trop faible de Derwella Malbo, la gardienne nantaise (5’.)
Le plan de match orléanais est simple, basique. Mais il fonctionne. Et il va fonctionner tout au long du match, sans aucune adaptation, ni des joueuses concernées, ni du staff.
Dans le jeu, et notamment offensivement, les Jaunes et Vertes sont présentes et réagissent. Leïla Peneau, par exemple, est très visible et essaye de combiner avec ses partenaires. La numéro 10 ligérienne s’essaye par deux fois à la frappe. La gardienne intervient (18’), puis le coup franc à l’entrée de la surface termine sa route juste au-dessus de la transversale (20’.)
Mais à la suite d’un gros cafouillage dans l’axe de la défense, Leïla Peneau, toujours elle, récupère le ballon et égalise sans difficulté d’une frappe sèche du pied droit (21’.)
L’opposition de style entre les deux formations est très rythmée et plaisante à suivre, et les situations dangereuses se multiplient.
Vers la demi-heure de jeu, une incompréhension défensive à la suite d’un corner nantais profite à Amandine Béché, qui conclut de près, et permet aux joueuses de Tanguy Fétiveau de mener pour la première fois au score (27’.)
Anaele Le Moguedec, toujours aussi présente à la récupération du ballon comme à la construction du jeu, rayonne au milieu du terrain.
Toutefois, la sérénité défensive reste absente. Anaïs Messager, plutôt solide par ailleurs, perd un ballon sur le côté droit de la défense. Cela mène à un centre en retrait et Derwella Malbo doit intervenir magnifiquement afin d’éviter l’égalisation (36’.)
Malheureusement, celle-ci surviendra quelques instants plus tard. A la suite d’un corner, la gardienne nantaise sort au milieu d’un paquet de joueuses, mais rate sa prise de balle. Marine Cochelin n’a plus qu’à pousser le ballon dans le but vide pour inscrire un doublé (38’) et égaliser à 2-2.
Le score restera ainsi jusqu’à la mi-temps, malgré une dernière tentative d’Anaele Le Moguedec qui terminera à côté du but orléanais.

 

Le navire finit par couler

 

Composition en deuxième mi-temps : 4-2-3-1
Malbo
Lhotelier (Guillard 88’), Messager, Dinglor, Louis-Joseph (Micheneau 68’)
Gathrat (cap.), Le Moguedec
Béché, Peneau (Pian 84’), Baldé
Goutard

Le scénario fou de cette rencontre se poursuit dès le retour des vestiaires.
Audrey Lhotelier déborde sur l’aile droite et adresse un centre, dévié dans l’axe et qui finit sa course au second poteau. Fatoumata Baldé, en embuscade, conclut d’une jolie reprise dans la lucarne (47’.)
Mais, à un mois de Noël, les partenaires de Juliane Gathrat continuent d’offrir des cadeaux en avance. Sur un ballon en profondeur, une mésentente entre Derwella Malbo et Julia Louis-Joseph permet à la très talentueuse Kessya Bussy de s’infiltrer, puis de pousser le ballon dans le but vide (51’.) Tout est à refaire.
Les Nantaises, malgré tout, sont pugnaces et ne lâchent rien. Elles se créent deux belles situations par Anaïs Messager et Mélany Goutard, malheureusement hors cadre (55’, 58’.)
A l’heure de jeu, un coup franc mal repoussé par la gardienne ligérienne permet à Kessya Bussy de reprendre de près pour inscrire le quatrième but des joueuses du Loiret (61’.)
Celles-ci continuent d’appliquer la recette gagnante. C’est toujours aussi simpliste, mais ça fonctionne tellement bien, alors pourquoi changer ?
Le cinquième but sera d’ailleurs tout proche, à la suite d’un centre en retrait côté gauche, mais la reprise de l’attaquante finira au-dessus (68’.)
L’entrée de Claire Micheneau apporte un brin de solidité supplémentaire et améliore la qualité de relance.
La fin de match, quant à elle, partira dans tous les sens. De la tension, une Leïla Peneau blessée à la suite d’un gros tacle, un changement tactique trop tardif afin de tenter le tout pour le tout.
Côté nantais, on arrose la surface orléanaise de centres, de corners, de coups francs, et Julie Pian, d’une jolie tête, manquera l’égalisation de peu (90’.)
Du côté des joueuses de Farid Kebsi, on gagne du temps, et on procède en contres.
Le score ne changera plus, Orléans s’impose 4-3 et élimine des Jaunes et Vertes pourtant habituées, les saisons précédentes, à franchir quelques petits tours de Coupe de France.

Toutes compétitions confondues, les joueuses de Tanguy Fétiveau ont évolué à cinq reprises à la Jonelière. Elles se sont inclinées quatre fois. Le traumatisme dure depuis fin septembre et une défaite face à Montauban. Et le programme à venir avant la longue trêve hivernale n’a rien de rassurant. Rodez le dimanche 1er décembre 2019 puis Brest la semaine suivante, les deux fois à domicile. Il s'agit des deux équipes qui accompagnent Issy, le leader, sur le podium du groupe A de D2F.


Il est également possible de se questionner sur la pertinence de certains choix du staff. La mise sur le banc depuis deux matches de Mélodie Carré, le temps de jeu famélique de Claire Guillard et Claire Micheneau, l’absence prolongée de Marine Arragon-Pervier, la rétrogradation en équipe B d’Inès Ou Mahi alors que le poste de latérale gauche est un vrai problème depuis le début de la saison. Autant de décisions qui poussent à l’interrogation.

 

Les joueuses à retenir

 

Anaele Le Moguedec a encore effectué un gros match, que ce soit à la récupération comme dans l’organisation du jeu.
Leïla Peneau a été très présente et très active. Juste techniquement, elle a cherché à combiner tout au long de la rencontre. Malheureusement sortie blessée. A suivre.
Fatoumata Baldé et Amandine Béché ont bien animé leur côté et se sont montrées efficaces.