Denis Petric, le parfait homme de l'ombre ?
Denis Petric, le parfait homme de l'ombre ?
L'équipe Première / Mercato
Denis Petric, le parfait homme de l'ombre ?
Son arrivée en a surpris plus d’un ! Denis Petric s’est engagé le 31 juillet dernier avec le FC Nantes pour les deux prochaines saisons. Libre au terme de son contrat avec l’En Avant de Guingamp, le slovène arrive en doublure d’Alban Lafont après les prêts de Maxime Dupé (Clermont) et Quentin Braat (Niort). Une responsabilité qu’Alexandre Olliero titulaire lors de la dernière journée de championnat la saison dernière, pensait pouvoir occuper. Alors, quel est l’objectif de ce recrutement ? Tentative de réponse…
Elliott Bureau
15 August 2019

Originaire de Serbie, Denis Petric nait le 24 Mai 1988 à Ljubjana, dans la future capitale de la Slovénie. Il commence rapidement le football et évolue au poste de gardien de but. C’est en 2004 qu’il est repéré par l’AJ Auxerre qui le recrute au sein de son centre de formation. En 2007, à l’âge de 19 ans, il intègre l’équipe réserve puis le groupe professionnel. Il ne parvient toutefois pas à gagner du temps de jeu et quitte son club formateur 3 ans plus tard, direction le Sud et la Ligue 2 à Istres. En Provence, il débute en tant que numéro 2 derrière Mickaël Ménétrier. Mais après un début de saison difficile, il est lancé dans les buts du Stade Parsemain lors de la 11e journée contre Le Havre (défaite 2-0). Après quelques rencontres difficiles, Istres enregistrera une série de 10 matchs sans défaite – dont notamment une victoire 2-1 face au FC Nantes – avec son gardien slovène titulaire. Denis Petric prendra part à 25 rencontres de championnat pour sa première saison en Provence. Au total, il participera à 92 matchs sous le maillot du FC Istres en 3 saisons avant de s’engager à Troyes contre un demi-million d’euros en août 2013.

 

Denis Petric débarque donc dans l’Aube alors que le club vient d’être relégué. Sous les ordres de Jean-Marc Furlan, il débute la saison en tant que numéro un avant de perdre son poste en Janvier au profit de Matthieu Dreyer puis de Franck Grandel. Ces deux derniers n’étant pas beaucoup plus convaincants, Petric reprendra place dans les buts troyens en fin de saison. C’est l’année suivante qu’il se révèlera pleinement en prenant part à 37 des 38 rencontres de championnat de l’ESTAC. Une année fantastique pour le club et le joueur qui terminent respectivement champion et meilleur gardien de Ligue 2, avec notamment une série de 7 victoires consécutives sans concéder le moindre but (du 24 novembre 2014 au 24 janvier 2015). L’exercice 2014/2015 restera gravé dans les mémoires des supporters de l’ESTAC, notamment dans celle de Basile Brigandet (@BasileBrigandet) qui a accepté d’évoquer le cas du portier de l’époque. « C’est un gardien qui m’a marqué, il était assez intéressant quand il est arrivé et quand il a joué. Denis Petric a vraiment été très déterminant lors de notre titre de champion de France de Ligue 2 et de notre montée en Ligue 1. Il est très bon sur sa ligne, efficace dans les duels et doté d’une bonne capacité de reflexes. Lors de la saison où il a été mis en confiance à Troyes il a surnagé à notre surprise générale puisqu’il venait d’Istres ». 

 

 

L’année suivante, Petric est maintenu numéro un de l’équipe première et va enfin découvrir la Ligue 1… à 27 ans ! Toutefois, tout ne sera pas si simple pour le slovène. En difficulté, à l’image de son équipe qui ne trouvera le chemin de la victoire qu’au terme de la 20e journée de championnat, il perd sa place de titulaire le 17 octobre 2015 suite à la claque subie par l’ESTAC à la Beaujoire (3-0). Une période catastrophique pour le club troyen qui, selon Basile, a touché le nouveau gardien nantais. « Après notre titre de champion de France de Ligue 2, la suite n’a pas été forcément géniale… mais il y a des circonstances atténuantes. En Ligue 1, notre équipe a été « bizarrement gérée ». On s’est retrouvé avec un effectif complètement remanié et une défense qui changeait du tout au tout avec beaucoup de joueurs en prêt. Il a été mis dans les buts et il a payé rapidement… il a été le premier visé. La confiance n’était plus là, son niveau a régressé… on avait une très mauvaise défense, la pire que l’on ait connu à l’ESTAC récemment. C’est comme ça que le divorce s’est fait. Il a été mis sur le banc, remplacé par Paul Bernardoni. En fait, il a été puni… il a payé les pots cassés d’une défense très faible. Après, c’est resté un gardien qui a une très bonne image à Troyes. Un joueur apprécié des supporters, qui n’a jamais fait de vagues et qui m’a l’air vraiment bien dans un rôle de 2e gardien alors qu’il commence à voir son âge défiler.

 

            

En difficulté chez la lanterne rouge de Ligue 1, Denis Petric trouve tout de même une porte de sortie au SCO d’Angers où il arrive libre pour suppléer Mathieu Michel. Après une saison correcte où il participe à 13 rencontres officielles (dont 9 en Ligue 1), le gardien slovène se retrouve en 3e position dans la hiérarchie des gardiens du SCO. Il est alors transféré à Guingamp en doublure de Karl-Johan Johnson. Mais face à l’émergence de Marc-Aurèle Caillard, Denis Petric ne parvient pas à s’imposer sur le banc de l’En Avant. Il participe tout de même au 16e de finale de Coupe de la Ligue contre Montpellier (défaite 2-0) mais sort sur blessure à la mi-temps de la rencontre. Ce match reste à ce jour sa dernière apparition chez les professionnels. C’est donc après deux saisons et seulement 45 minutes de jeu qu’il quitte les Côtes d’Armor… direction les rives de l’Erdre. A Nantes, il arrive avec un bagage de 20 matchs de Ligue 1, mais surtout 148 matchs de Ligue 2. Une expérience qui devrait lui permettre de prendre le rôle de doublure d’Alban Lafont, mais également de participer à la progression d’Alexandre Olliero et de Charly Jan. Un rôle qui, selon Basile Brigandet, lui correspond bien : « Je pense qu’il a totalement l’état d’esprit pour être ce gardien qui va être d’accord pour ce rôle de numéro 2 et qui va participer à l’intégration des jeunes pour leur permettre de se développer. Je ne l’ai jamais vu dans cette situation-là étant donné qu’à Guingamp il était derrière dans l'équipe, parfois même 4e gardien… mais je ne l’ai pas entendu faire une quelconque vague par rapport à sa place dans la hiérarchie. Je pense qu’il est plus dans cette optique-là, de pouvoir aider les jeunes à se développer tout en apportant une certaine sécurité pour le poste de 2e gardien du club ». 

 

 

Le FC Nantes aurait-il mis la main sur le parfait homme de l’ombre du vestiaire ?