De l'apprentissage naît l'ambition
De l'apprentissage naît l'ambition
Féminines
De l'apprentissage naît l'ambition
Après une première saison de D2 servant à engranger de l'expérience, l'heure est venue d'afficher ses ambitions : la montée en D1 Arkema. La Maison Jaune dresse le bilan de l'intersaison et donne les perspectives pour la saison à venir.
Olivier Dantas Lima
04 septembre 2020

Nous les avions quittées un 1er mars près de l'Yon après un match loin de tout appétit féroce. La fin bien fade d'une saison qui aura tout de même permis aux joueuses déjà présentes d'appréhender le niveau et la constance qu'exige la D2 lorsque l'on veut atteindre son sommet. Un début d'exercice en boulet de canon puis un premier accroc à domicile qui en appellera d'autres, sans doute causés par une mauvaise appréhension des matchs puis par une faillite mentale sur le terrain lorsque l'adversaire marquait. Le recrutement estival réalisé par le FC Nantes vise à renforcer le caractère de l'équipe et à apporter encore davantage d'expérience pour épauler les jeunes pousses de la Jonelière. Les joueuses engagées devront également permettre de gagner en technique afin de briller et de se maintenir dans la course à l'élite.

Pour rappel, voici la liste des recrues :

  • Kinga Szemik, gardienne 
  • Aurélie Gagnet, défenseure latérale 
  • Pauline Dhaeyer, défenseure centrale 
  • Charlotte Lorgeré, défenseure centrale 
  • Suzy Morin, défenseure latérale, pour l'équipe réserve dans un premier temps 
  • Fanny Hoarau, défenseure latérale 
  • Margaux Bueno, milieu de terrain 
  • Anaïs Ribeyra, buteuse. 

Une préparation réussie 

Avec un recrutement bien préparé en amont, la reprise des Nantaises s'est déroulée avec un effectif quasiment au complet. L'entraînement collectif a pu démarrer fin juillet puis deux stages ont émaillé le mois studieux. Quatre matches étaient au programme : deux face à des équipes de haut de tableau de D2 : Orléans et Saint-Étienne ; puis deux oppositions contre des clubs de l'élite : Le Havre et Soyaux. Un programme qui a permis de préparer l'équipe à démarrer le championnat tambour battant car le calendrier n'est pas simple avec deux déplacements à Lens et à Nancy ainsi que la réception de Metz, candidat à la montée. Les joueuses de Tanguy Fétiveau se sont très bien défendues puisqu'elles ont gagné les deux matches contre Orléans (4-2) et Saint-Étienne (2-0) et fait match nul contre les équipes de D1 (1-1). 

Objectif élite 

La conférence de presse de rentrée a permis à Tanguy Fétiveau de donner son avis sur cette préparation. S'il se satisfait du bilan comptable, c'est surtout le contenu, l'état d'esprit et l'engagement mis par les joueuses qui font de ce mois d'août une bonne base de travail pour la saison qui suit. L'entraîneur a confirmé que Waldemar Kita donnait la montée comme objectif. Pour y parvenir, selon la moyenne statistique des exercices passés, il ne faudra pas excéder deux défaites en vingt-deux matchs. Être souverain chez soi et conquérant en terres adverses, telle est la mission à accomplir pour les joueuses du FC Nantes. 

La Jonelière devenue exiguë, les entraînements auront lieu à la Chapelle sur Erdre, au Buisson de la Grolle. Quant aux matchs, ils se dérouleront au stade Marcel Saupin les dimanches à 15h à partir du mois d'octobre. Pour les matchs du mois de septembre, les négociations traînent et l'incertitude plane toujours.

Ce qu'il faudrait améliorer 

Pour mener à bien la mission d'accession à l'élite, voici les points à améliorer par rapport à l'exercice précédent :

  • Être souverain sur ses terres : pour s'éviter des sueurs froides à domicile, il faudra que le staff, la capitaine et les joueuses d'expérience mettent en garde l'équipe sur l'approche mentale à avoir contre les adversaires supposés plus faibles. Il faudra également apprendre à réagir quand l'adversaire ouvre le score ou égalise. Enfin, il faudra se libérer dans l'animation offensive. La saison précédente a montré une certaine retenue par peur d'être refroidi par un but adverse. 
  • Éviter les changements trop importants dans le 11 de départ. Difficile travail que celui de coach qui doit s'appuyer sur un noyau dur de 14-15 joueuses tout en gardant le reste de l'effectif impliqué. Il faudra également gérer les départs en sélection. Mais une trop forte rotation des joueuses mettrait à mal les automatismes et la cohésion d'équipe. Le choix du capitanat aura également son importance. Pas moins de quatre joueuses ont porté le brassard au coup d'envoi d'un match. Charlotte Lorgeré semble avoir été désignée pour cette saison. Un choix qui semble judicieux tant pour sa hargne que son expérience. 
  • Une meilleure communication sur le terrain. Ce qui frappait lors des défaites de la saison passée, c'est le silence qui régnait sur le terrain côté nantais. Trop peu de communication comme une résignation et un malaise palpable. Le recrutement de joueuses d'expérience et impliquées dans le projet doit permettre de corriger ce manque. 
  • Un meilleur accueil des supporters. Avoir du public c'est important, ça peut aider à gagner des matchs. La Jonelière n'est pas un endroit idéal pour recevoir des matchs. Saupin sera le nouvel antre des féminines dès octobre. Les gradins permettront d'accueillir davantage de personnes et permettra la posture assise. Espérons l'ouverture d'une buvette plus proche du terrain que celle de la Jonelière. 

Ce qu'il faut garder

Si certains points sont à améliorer, d'autres devront perdurer. Parmi eux :

  • Être conquérant à l'extérieur : les Nantaises n'ont perdu aucun match à l'extérieur la saison passée. Sans doute une pression mentale moindre loin de Nantes et la volonté de se hisser au niveau de l'adversaire. Si cette force à l'extérieur se confirme, elle sera précieuse au mois de septembre qui compte trois matchs en terres adverses. 
  • La professionnalisation de l'équipe : un staff agrandi et disponible à tout moment, deux entraînements par jour, plus de joueuses sous contrat fédéral, etc. Malgré la crise liée à la COVID-19, le FC Nantes continue de miser sur son équipe première afin de ne pas retarder l'accès à l'élite. Ces changements permettront à l'équipe d'être en meilleure forme physique et aideront à travailler la tactique de manière plus poussée. Un sacré avantage qui doit absolument se traduire par des faits sur le terrain. 
  • La solidité défensive : Nantes a pris peu de buts la saison passée, le deuxième meilleur bilan du groupe A. Même si certains pèsent lourd dans la balance, le milieu de terrain et la défense ont globalement su gérer les matchs lorsque l'ensemble de l'équipe jouait le coup à fond. Les recrues défensives de cet été visent à pallier l'absence prolongée d'Anaïs Messager, blessée pour de longs mois, ainsi que sécuriser encore plus l'arrière-garde et donner la confiance à toute l'équipe. 
  • L'appel en sélection des joueuses : Hillary Diaz, Amandine Béché, Julie Pian et Leïla Peneau étaient régulièrement appelées en Équipe de France jeunes. Anaële Le Moguédec devrait suivre si ses prestations continuent de convaincre. Kinga Szemik avec la Pologne est une candidate déjà convoquée chez les A. Charlotte Lorgeré sera probablement dans le viseur de Corinne Diacre, au moins pour l'Équipe de France B. L'apport d'une sélection est multiple et efface rapidement la fatigue que cela engendre. 

Variations autour d'un 11 type 

Voici le 11 qui devrait former le noyau dur auquel nous avons ajouté des possibilités de changement en fonction des absences et du potentiel de l'adversaire :

Kinga Szemik

Aurélie Gagnet, Pauline Dhaeyer, Charlotte Lorgeré (cap.), Fanny Hoarau

Anaële Le Moguedec, Leïla Peneau

Amandine Béché, Julie Pian, Mélany Goutard

Anaïs Ribeyra

Les possibilités :

  • Elodie Dinglor en option de défense latérale
  • Margaux Bueno en configuration plus défensive et Leïla Peneau en 10
  • Hillary Diaz en défense latérale et au milieu
  • Sherly Jeudy et Roseline Eloissaint, en soutien immédiat de toutes les offensives sauf Anaïs Ribeyra
  • Mélany Goutard et Julie Pian en cas d'absence d'Anaïs Ribeyra malgré un profil bien différent. À utiliser avec parcimonie. 

Allez Nantes !