David Alcibiade : "Je veux retrouver le monde professionnel"
David Alcibiade : "Je veux retrouver le monde professionnel"
Interview
David Alcibiade : "Je veux retrouver le monde professionnel"
Après plusieurs années au FC Nantes, entrecoupées d'un séjour en Espagne, David Alcibiade a quitté la maison jaune, le poids sur le cœur. Envieux de retrouver un projet ambitieux, idéalement professionnel, il enchaîne les essais (à Laval et à Lorient) pour garder la forme. Il a accepté de se confier pour La Maison Jaune.
Maxime Thomas
05 août 2019

Bonjour David, tout d'abord, comment vas-tu depuis ton départ du FC Nantes ? Quelle est ta situation actuellement ?

 

Bonjour Maxime, ça va très bien depuis que j'ai quitté le FC Nantes. Je suis devenu un nouvel homme, heureux, puisque je viens de me marier. Nous sommes avec ma femme dans une nouvelle vie. Du côté professionnel : actuellement je cherche un nouveau projet sportif et un nouveau club depuis mon départ de l'Iris-de-Croix. J’y suis resté six mois et avec j'ai joué les 16e de finales de Coupe de France avec eux, mais je n'ai pas participé aux 8e (où l'Iris-de-Croix a été éliminée) à cause d'un petit problème au genou qui traînait depuis un moment. Je m'en suis occupé durant la deuxième partie de saison pour pouvoir être en pleine forme et postuler dans un nouveau club à l'issue de la saison.

 

Revenons au commencement. Si je me trompe pas, tu as été formé à Clairefontaine avant de poursuivre ta formation à Lille, où tu as principalement joué avec la réserve. Quel souvenir gardes-tu de ton passage dans le Nord ? Estimes-tu avoir eu ta chance, ou as-tu des regrets vis-à-vis de ton club formateur ? 

 

Effectivement, après Clairefontaine je suis parti directement au LOSC, j'avais 15 ans à l'époque. J'en ai gardé pas mal de souvenirs, avec tous mes coéquipiers, des gars avec qui je peux être en contact aujourd'hui, de les voir exploser en Ligue 1 ou à l'étranger. C’est super de les voir à ce niveau là. Mes parents sont eux toujours sur Lille. Donc il y a toujours un rapprochement aujourd'hui avec ma vie lilloise.

Au moment où je suis arrivé au LOSC, j'avais fait une très bonne pré-saison. Les dirigeants m'avaient alors convoqué dans leurs bureaux avec ma famille et mes agents tout simplement pour me proposer un contrat professionnel de 5 ans. Ils comptaient à ce moment là vraiment sur moi, me considéraient comme un vrai espoir. J'ai quand même un regret : avec mon agent on a pris un petit peu de temps pour des aspects financiers, à essayer de négocier un peu le contrat, ce qui fait qu'on a mis du temps à le signer alors que je devais être présenté avec Eden Hazard et Yanis Salibur notamment. De plus, deux semaines après ma proposition de contrat, je me suis blessé au pubis et j'ai eu un début de pubalgie m'éloignant six mois des terrains, à l'époque de Claude Puel qui était en instance de départ. J'en ai un peu voulu à mon agent car c'est quelque chose qui m'a pris dérangé pendant quelques temps (vis-à-vis de ses conseils sur le fait de négocier le contrat) mais je ne suis pas resté là-dessus. Cela m'a permis d'être l'homme que je suis aujourd'hui et d'être plus fort dans ces moments là.

 

En 2011, le Football Club de Nantes pointe le bout de son nez. Tu décides de rejoindre la maison jaune alors âgé d'une vingtaine d'années. Que se passe-t-il dans la tête d'un jeune footballeur quittant son club formateur pour un autre club professionnel ?

 

Après ces 4 ans à Lille, j'ai donc décidé de tenter ma chance au FC Nantes. C'est Matthieu Bideau qui m'a contacté directement et qui m'a fait venir. Je voulais repartir du bon pied à 19 ans, j'avais envie de recommencer un nouveau projet ambitieux. Dans ma tête c'était un nouveau départ.

 

Le FC Nantes que tu rejoins est en difficulté en Ligue 2, après une 13e place obtenue dans le dernier exercice. Comment s'est passée ton arrivée au club ? Quelle a été l'ambiance dans le vestiaire mais également dans les tribunes ?

 

C'est vrai qu'à l'époque c'était impressionnant. Autant à Lille j'étais avec la réserve et j'ai rarement côtoyé les professionnels, autant à Nantes je me suis entraîné avec l'équipe première dès ma première semaine avec le club. J'avais fait un bon entraînement, on avait eu de bons échos de moi. Donc j'étais assez ambitieux pour la suite et au moment où ils m'ont proposé 2 ans, je n'ai pas rechigné à signer donc j'ai ouvert les bras au FC Nantes et ils m'ont également ouvert leurs bras pour vivre une belle aventure ensemble. J'ai ensuite pratiquement joué tous mes matches en équipe réserve, en CFA 2 à l'époque et je m'entraînais une à deux fois par semaine avec les pros, me permettant de progresser sur l'aspect technique et l'aspect tactique également. C'est vraiment une autre dimension que je découvrais au FC Nantes.

 

En 2012, tu réalises ton premier match dans le monde professionnel, avec une titularisation face à Ajaccio. Comment t'es-tu senti pendant ce match ? Dans quel contexte as-tu obtenu cette première titularisation ?

 

En effet, j'ai commencé mon premier match en 2012 avec Nantes, à Ajaccio en tant que titulaire en Ligue 2. Pendant ce match, j'étais plutôt tranquille. Mais c'est arrivé du jour au lendemain car l'équipe pro avait besoin de joueurs, donc j'étais venu dans la semaine. J'avais fait deux jours avec eux, le mardi et le mercredi, mais j'ai pas été convoqué avant que finalement ils me rappellent pour venir s'entraîner le jeudi matin (veille de match) avec eux. Un joueur se blesse à l'entraînement (le latéral droit), alors Michel Der Zakarian, entraîneur à l'époque, me donne le chasuble des titulaires. Je ne me rendais pas compte de ce qu'il se passait : en commençant à jouer je me rendais compte que je faisais que des passes à des joueurs qui étaient titulaires d'entrée. J'étais un peu tout fou, j'avais hâte de jouer ce premier match après le travail réalisé. Le match avait bien démarré pour moi, je me sentais très bien et en pleine forme, mais je me suis blessé à l'ischio dès la dixième minute du match. C'était vraiment un drame terrible pour moi, un coup très difficile, je voulais continuer sur ma lancée.

 

Ensuite, et ce jusqu'en 2016, tu continues à évoluer avec la réserve du FC Nantes. Est-ce qu'on t'as donné une explication ? As-tu pensé plusieurs fois à quitter le club en prêt notamment pour pouvoir enchaîner les matches à l'échelon supérieur ?

 

Après le match contre Ajaccio, je me suis soigné. J'ai eu l'occasion d'être titulaire une nouvelle fois mais en coupe de France. J'ai fait 120 minutes sans blessure, mais on s'est fait éliminer aux tirs-au-but. A partir de ce moment là, Michel Der Zakarian n'a pris aucun jeune. Je suis donc resté en réserve et je n'ai pratiquement plus touché au monde professionnel à Nantes pendant les deux années suivantes. Ceci a été assez compliqué, car à chaque fois qu'on a fait des bilans, les coaches étaient satisfaits de moi mais ils n'arrivaient pas à me dire ce qu'il fallait faire pour que je progresse et que je puisse accéder à l'échelon supérieur. On ne m'a vraiment rien dit alors que je cherchais des réponses. On me disait que c'était bien, mais au vu de ma situation en réserve c'est que ce n'était pas suffisant pour aller au-dessus.

 

 

Avant ton départ en Espagne, cela s'apparente à un début de carrière très difficile pour un jeune footballeur. Raconte nous cette période compliquée, avec notamment ton départ à Marbella. Qu'est-ce qui t'a fait tenir ?

 

J'ai donc décidé, suite à cette situation difficile, de quitter le club malgré la proposition de prolongation d'une année supplémentaire. Je suis alors parti en D3 espagnole à Marbella. C'était vraiment difficile de quitter le FC Nantes car je sortais complètement de ma zone de confort. J'avais hâte mais ce fut une transition vraiment compliquée. Au moment où je suis arrivé en Espagne c'était assez idyllique, car c'était le sud et qu'on connaissait surtout cette ville pour les vacances. Moi même j'étais étonné qu'il y ait une équipe de football, mais ils avaient de belles installations avec également un beau projet derrière pour essayer de monter en seconde division. On avait une équipe remplie de qualités et des joueurs au niveau humain vraiment formidables. C'était une autre mentalité, une autre façon de voir les choses, et une autre manière de vivre mais c'était quelque chose qui me correspondait. Les Espagnols m'invitaient souvent aux repas, avec leur famille, leurs amis (...). Je me retrouvais donc totalement intégré dans le pays avec les gens qui y étaient. Au niveau du football, c'était plus compliqué car je ne jouais pas tout le temps. De plus, je me suis cassé le bras m'éloignant des terrains pendant trois-quatre mois. J'ai vu à ce moment là qu'en Espagne nous n'étions pas protégés par notre contrat et que le club pouvait, au contraire de la France, se séparer du joueur pour raison économique notamment. Ils ont donc décidé de se séparer de moi, je suis tombé de haut et je me suis demandé pourquoi j'avais vécu cette expérience espagnole après avoir quitté ma zone de confort. Cela a été une période compliquée, où mes parents ont été une aide, mais j'ai aussi beaucoup compté sur l'aide de Dieu. Ma foi m'a beaucoup accompagné en Espagne. Je me suis rapproché de Dieu dans ma relation personnelle. Un Français en Espagne, qui ne parlait pas très couramment et qui ne jouait pas.

 

Comment as-tu fait pour rebondir, alors que tu étais toujours en Espagne et que Marbella voulait se séparer de toi ?

 

De manière un petit peu venue d'ailleurs, les dirigeants de Marbella m'ont finalement proposé un deal. Ils m'ont dit que finalement ils ne voulaient pas me virer, mais plutôt me prêter. Donc j'imagine qu'ils avaient un accord avec un autre club partenaire et qu'ils voulaient m'envoyer là-bas. J'étais plutôt content, car ils m'ont proposé ça dix jours avant la fin du mercato de janvier. Donc je ne me retrouvais pas sans rien. Ils m'ont donc prêté dans un petit club en Espagne, dans le sud de l'Andalousie, en D4 espagnole. Je me suis dit « mais où je vais » ? Mais on va dire que ces 4 mois, de février à Mai, m'ont permis de grandir en tant que personne et joueur, et de reprendre du plaisir à jouer car certes, je jouais avec des gars qui effectivement travaillaient à côté, mais qui venaient le soir se divertir et tout simplement jouer au football. C'étaient d'ailleurs de bons footballeurs car il y avait parmi eux certains anciens. J'ai noué vraiment des amitiés fortes qui aujourd'hui tiennent puisque je suis resté en contact avec certaines personnes. J'ai aussi repris goût au football dans ce petit « pueblo », ce petit village comme ils l'appellent. A la fin de cette histoire espagnole, je me suis fait une petite rétrospective : je cherchais des réponses en partant du FC Nantes, eh bien j'ai trouvé certaines de ces réponses là-bas. Le coach que j'ai eu en Espagne a répondu à certaines de celles-ci, me permettant aussi de franchir un palier. Aujourd'hui, j'en ressors beaucoup plus fort et avec quelque chose en plus. J'étais donc prêt à répondre à un nouveau projet, à une nouvelle aventure, car j'étais beaucoup plus armé après cet épisode.

 

Tu retrouves ensuite à la surprise générale le football club de Nantes, un an plus tard en 2017. Comment cela se fait-il ? Comment s'est passé ton retour à Nantes et pourquoi avoir voulu revenir ? Un sentiment d'inachevé ?

 

En effet, Matthieu Bideau me rappelle à mon retour d'Espagne, me demandant comment s'était passé mon aventure. Lui de son côté voulait me proposer de revenir au FC Nantes, retrouver la structure professionnelle tout en restant cadre de l'équipe réserve. Je lui ai dit que j'ai quitté l'Espagne pour passer un palier mais que je ne voulais pas forcément revenir dans ce cadre là. Mais je me suis aussi dit que j'avais quitté le FC Nantes pour trouver des réponses à mes questions. Donc après une grande réflexion, j'ai estimé que je devais retrouver le FC Nantes, avec une nouvelle perception des choses, de la vie, et du football. J'étais beaucoup plus armé. Nous avons donc repris contact avec Matthieu, en lui disant que j'acceptais de revenir avec ce goût amer de n'avoir jamais pu m'imposer au FCN. Mais j'avais aussi envie de découvrir cette enceinte magnifique qu'est la Beaujoire, c'était un rêve pour moi. Je m'engage alors avec le club pendant cette année 2017-2018. Trois jours après cela, Matthieu m'appelle en me disant que j'allais reprendre finalement avec le groupe professionnel. Donc j'étais à ce moment-là sur mon petit nuage, et je m'étais dit qu'enfin j'avais une nouvelle opportunité et qu'il fallait que je la saisisse.

 

Cette saison 2017-2018 te permet de découvrir l'élite. Qu'as-tu ressenti au moment de fouler la première fois une pelouse de Ligue 1 à 26 ans ? Quelles ont été ensuite tes pensées ?

 

Je me découvre donc avec l'équipe professionnelle, pendant la pré-saison et le début de saison. J'en arrive à commencer mon premier match face à Troyes en Août 2017. J'étais là pour écrire une nouvelle page de mon histoire. C'était une atmosphère complètement différente. Je me sentais vraiment bien, j'avais hâte que le matche commence. J'ai d'ailleurs réalisé un très bon match, nous nous sommes retrouvés à 10 contre 11 mais j'ai réussi à délivrer la passe décisive pour Emi nous permettant de remporter notre premier match de la saison après deux défaites contre Lille et Marseille. C'était juste incroyable comme moment. Pendant ce match, au moment où Emi a marqué, les sensations qui sont passées dans mon corps étaient exceptionnelles. J'avais l'impression d'avoir marqué moi même. C'est des émotions que je n'oublierai jamais, que peu de sports peuvent nous faire vivre, nous sommes privilégiés de pratiquer ce sport et de vivre ces moments comme ça.

 

Tu réalises si je me trompe pas trois matchs de Ligue 1 cette même saison. Dont une entrée qui reste dans les souvenirs des supporters : celle contre Strasbourg où tu effectues un sauvetage incroyable sur la ligne, suivi d'une image avec ta réaction pleine de hargne. Des images qui font bien sûr plaisir à voir. Est-ce l'un des tes plus beaux souvenirs de footballeur également ?

 

Lors de cette saison, il y a eu plusieurs moment fabuleux. Ce match à Troyes en fait donc partie, mais aussi à Strasbourg où je vais sauver la balle sur la ligne à la 92e minute dans les arrêts de jeu et c'était juste incroyable comme sensation, il n'y a que le football qui peut te procurer ça. Ce sont des moments qui resteront gravés dans ma mémoire. Quand j'étais au FC Nantes pendant toutes ces années, j'avais ce regret de ne pas avoir pu vraiment jouer en en Ligue 1 et surtout à la Beaujoire, car au final mon dernier match dans l'élite fut contre mon ancien club donc le LOSC, et en plus à domicile. C'était pour moi un clin d’œil de Dieu. Quand on y touche du doigt, on veut y continuer encore et encore.

 

Tu quittes malheureusement le club lors de l'été 2018. Ce départ vient-il d'un commun accord ? D'une décision du club ou de la tienne ? Quelles ont été les raisons ?

 

La fin de saison a été un peu chamboulée, tout le staff, le coach décidaient de partir. En Avril on avait commencé à discuter avec mon agent et le président, et on était d'accord sur une forme de signature sur plusieurs années avec pourquoi pas un prêt la saison suivante. Mais au moment où le coach Ranieri a décidé de partir, il n'y a plus eu aucune discussion avec le président. On va dire que je n'ai jamais eu de nouvelles de la direction pour la suite de ma carrière, on ne m'a rien dit. Finalement, j'ai su par moi même que c'était la fin avec le FC Nantes.

Cette fin d'épisode avec le club avait donc un goût amer, mais j'ai réalisé certains de mes rêves et je me suis dit que cette saison en Ligue 1 allait me propulser et me permettre d'évoluer dans un autre club professionnel. J'ai écouté mon agent et j'ai voulu lui faire ensuite confiance pour la suite. Ma confiance a été un peu trop aveugle, je pensais qu'il gérait les choses, mais au final il avait peut-être trop de joueurs à côté et ne s'est peu-être pas assez occupé de mon cas.

 

Tu es donc sans club de l'été 2018 à Janvier 2019. Tu rebondis ensuite à l'Iris-club de Croix en National 2. Ces quelques mois de nouveau sur le terrain t'ont-ils fait du bien ? Comment s'est passé ton passage dans ce club amateur ? Avaient-ils décidés de te conserver à l'issu de la saison ?

 

Une fois le mercato passé, j'étais donc sans club. J'ai décidé de retourner dans le nord et j'ai eu l'opportunité d'intégrer au moins la National 2 de l'Iris-de-Croix pour garder le rythme. L'objectif était toujours de trouver un club et d'être prêt si on m'appelait. J'avais donc en effet des contacts avec Concarneau et Lorient, c'était des clubs qui étaient intéressés par moi, je restais donc en contact tout en restant à l'Iris-de-Croix, je n'ai donc pas signé de contrat tout de suite.

Ensuite, les choses étaient un peu lente. Rien ne se profilait de manière concrète. Donc quand j'ai vu ce que faisais l'Iris-de-Croix, qu'ils étaient premier en championnat, et qu'ils faisaient un bon parcours en Coupe de France, sans oublier le fait d'être avec le groupe faisaient que j'avais envie de vivre cette épopée avec eux et d'intégrer leur projet en Janvier. Je n'avais jamais connu de Coupe de France avec un club amateur, je remercie beaucoup ce club de m'avoir fait vivre cela. Malheureusement, comme je le disais au début, j'ai décidé de ne pas jouer les 8e de finale à cause d'un souci au genou qui durait depuis un petit bout de temps. Je m'étais fait mal lors du match contre Marseille-Consolat, je voulais régler ce problème physique et être prêt pour la saison qui démarrerait l'année d'après.

L'Iris-de-Croix voulait me faire prolonger pour la saison prochaine, donc 2019-2020, mais je leur ai précisé que j'avais des ambitions un peu plus élevé, que je voulais retrouver le monde professionnel ou au moins un club de National pouvant m'emmener un peu plus haut. J'ai vécu de superbes moments avec de très bons footballeurs à l'Iris-de-Croix cependant.

 

Aujourd'hui, la situation est telle que tu l'as décrite au début de l'interview. Mais quelles sont tes ambitions, à 27 ans, désormais ? As-tu des envies ? En France ou ailleurs ?

 

Mes ambitions sont donc de revenir de monde professionnel, d'avoir du temps de jeu puisque ces dernières saisons ce n'était pas le cas(avec Nantes, ou l'année dernière avec ma blessure). Je veux montrer qu'à 27 ans j'ai encore pas mal d'années devant moi. Je veux retrouver du plaisir à jouer au football. Je reste donc ambitieux, et de m'exprimer en France ou ailleurs.

Pour le moment, j'ai été à Laval pendant une semaine. Le coach Olivier Frapolli était par ailleurs très intéressé par moi, me trouvait très intéressant dans le jeu. Ils ont préféré faire le choix économique au niveau de la direction, et de prendre un joueur qui était en prêt gratuit, qui ne leur coûtait rien. Dans leur situation actuelle c'était plus préférable pour eux. Je m'entraîne donc désormais avec l'équipe réserve de Lorient et j'attends un nouveau projet pour m'éclater et proposer mes services.

 

Tu restes une des figures du centre du FC Nantes, au club tout le monde se rappelle de toi, dans les tribunes ton nom n'est également pas inconnu. As-tu des regrets vis à vis du FC Nantes ? As-tu eu des promesses non tenues ?

 

Je n'ai pas vraiment de regrets. J'ai vécu de superbes moments avec le FC Nantes, je remercie ce club de m'avoir permis de signer mon premier contrat professionnel puisqu'à Lille j'étais seulement stagiaire pro. C'est Nantes qui m'a fait connaître ce monde là. J'aurais certes aimé avoir plus de temps de jeu, vivre encore plus d'émotions, mais à ce moment là il y avait des joueurs de qualités comme Léo (Dubois) aux portes de l'équipe de France aujourd'hui. C'était assez compliqué d'avoir du temps de jeu. Je remercie aussi les supporters avec cette ambiance au stade juste extraordinaire et qui ont permis de rendre ces moments magiques.

 

Quel souvenir gardes-tu de ta relation avec tes coéquipiers et celui avec la direction ? Quelles ont été tes meilleurs rencontres au club ?

 

Il n'y a pas forcément UN moment ou UN souvenir. C'est plusieurs années mémorables, des joueurs avec qui j'ai évolué, des relations et des amitiés que j'ai pu établir, je suis en contact avec certains de ces gars, et c'est toujours un plaisir de les voir et de voir où ils en sont aujourd'hui. Tout cela fait partie de l'histoire d'un club et c'est cela que je retiens.

Quel a été ton meilleur moment et ton pire moment au FC Nantes ? Quel(s) joueur(s) t'as ou t'ont le plus marqué lors de ton passage sur les bords de l'Erdre ?

 

Je ne peux pas dire que j'ai un meilleur moment préféré. Les trois matchs que j'ai joué à Nantes en Ligue 1, ont été énormes. Le premier où je délivre une passe décisive(contre Troyes), le second où je sauve le ballon sur la ligne de but où c'était juste sensationnel comme émotion surtout dans cette belle enceinte de Strasbourg, et le match contre Lille puisque j'ai joué contre mon club formateur et en plus à la Beaujoire. Ce sont donc mes trois moments marquants.

Le moment le plus difficile bien évidemment, même si j'étais plus là, fut l'accident de Emi. C'est une des personnes qui m'a le plus marqué, et ça a été un moment très difficile pour moi dans ma vie en tant qu'humain. Je pense que c'est quelque chose qu'on n'oubliera jamais, ça a été un moment très difficile. Pour passer au dessus de ça et se dire que cet accident était vraiment arrivé, il nous a fallu du temps. Aujourd'hui, c'est fait, on l'accepte parce que c'est la vie. Mais c'est un moment douloureux qui marquera beaucoup d'esprits et le FC Nantes dans son histoire.

 

Aimerais-tu adresser un dernier mot aux supporters nantais qui attendent toujours de tes nouvelles ?

 

Je voulais les remercier pour l'ambiance qu'ils nous permettent de vivre, c'est un public vraiment incroyable, qu'ils continuent de croire en leur club. C'est le FC Nantes, il mérite de redevenir le club qu'il était il y a quelques années de cela. Me concernant, je suis toujours ambitieux, j'ai toujours la « gnaque  » de quand j'étais au FC Nantes. J'ai envie de retrouver le monde professionnel, et pour cela je vais me battre jusqu'au bout pour retrouver le plus haut niveau.