Chloé Le Franc : "Aux États-Unis ils mettent beaucoup de moyens pour le sport universitaire"
Féminines / Interview
Chloé Le Franc : "Aux États-Unis ils mettent beaucoup de moyens pour le sport universitaire"
Elena Cervelle | 12/02/2021

Chloé Le Franc est passée par le FC Nantes dans sa formation de footballeuse, et est partie continuer ses études aux États-Unis tout en évoluant au sein d'une équipe universitaire. Aujourd'hui, elle rêve d'un retour en France en tant que professionnelle.

Quand avez-vous commencé le football ?

J'ai commencé en faisant du basket quand j’étais petite. Mais j’avais envie de faire du foot. Je me suis lancée dans le foot dans le club où je vivais, à Haute-Goulaine. Puis quand je n'ai plus pu jouer avec les garçons, j’ai dû trouver un club féminin et je me suis rendue au FC Nantes. C’était vraiment le commencement du foot féminin au FC Nantes. J'ai passé des détections et je suis restée au club pendant deux ans. Il y avait une équipe seniors et une équipe de jeunes. L’ambiance était bien. On avait déjà accès à de bonnes infrastructures, avec un bon programme pour le foot féminin.

Pourquoi êtes-vous partie ?

À cette époque, le FC Nantes n’avait pas encore un niveau très élevé donc je suis partie à La Roche-sur-Yon jouer en U19 national. J’ai joué jusqu’en terminale là-bas et il fallait beaucoup d’organisation. La semaine j’étais à l’internat au pôle espoir de Bréquigny à Rennes. Il fallait gérer les déplacements où je ne voyais pas mes proches. Je devais être assidue et gérer les cours en même temps. Mais c’était une très bonne expérience, je pense que ça m’a servi pour aujourd’hui. Après je suis directement partie aux États-Unis pour le foot.

Comment s’est organisé votre départ aux États-Unis ?

J’étais en pôle espoir à Rennes et on s’est rendues à Clairefontaine pour un tournoi entre tous les pôles de France. On a eu une intervention d’une agence qui envoyait des jeunes jouer aux États-Unis. À ce moment-là je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire, et je voulais voir jusqu’où je pouvais aller dans le football. Donc j’ai contacté l’agence qui m’a trouvé une université. Je suis d'abord partie à « Lander University », en division 2. Au bout de deux ans j’ai décidé de changer parce que je souhaitais jouer dans une meilleure université pour avoir plus de visibilité. Je suis allée à High Point, une division 1, en Caroline de Nord pas très loin de Charlotte.

Comment se déroule votre vie étudiante depuis quatre ans ?

Je suis étudiante en bachelor maths et informatique, l’année coûte 57000 dollars, mais j’ai une bourse complète donc mon univeristé me paye tout (logement, nourriture…). Au niveau de l’emploi du temps, on fait en sorte d’avoir cours le matin parce qu’on a entraînement l’après-midi. Nos  saisons se déroulent sur un semestre, en général c’est le « fall », de août à décembre, avec un match toutes les deux semaines. Les infrastructures aussi c’est incroyable. On a tout : des kinés, musculation deux fois par semaine à 6h du matin avec des coachs spécifiques, des « ice bath » (bain froid), des salles de sport. Ils mettent vraiment beaucoup de moyens dans le sport universitaire. Pour l'anglais, au début c'était dur mais quand on est intégré à la vie américaine, on n'a pas le choix de s'y mettre. 

Est-ce que vous vous y attendiez ?

Je ne m’attendais pas à ce que le sport universitaire ait un aussi grand impact. Mais je n'étais pas perdue en arrivant parce que je suis partie avec ma meilleure amie. On s’est retrouvées dans la même université, donc partir à deux ça aide.

Quel est votre objectif aux Etats-Unis ?

J'ai deux objectifs. Soit j'aimerais passer professionnelle aux États-Unis, mais c’est difficile parce qu’ils ont plus de regard sur les Américaines. Le seul moyen c'est la draft. Il y a deux nouvelles équipes de créées cette année donc il va y avoir plus d’options, mais il faut se faire choisir par des équipes. Soit, j’aimerais retourner jouer en Europe.

Comment imaginez-vous votre retour en Europe ? 

Je pense que je vais contacter un agent. Je sais qu’il y a des agents très bien qui envoient des joueuses américaines en France ou en Europe.

Et un retour au FC Nantes ?

(Elle réfléchit). C’est envisageable, mais on verra comment ça se passe en fonction de leurs besoins, et de ce qui me plaît aussi. Mais pourquoi pas, ça peut être une option.

Comment s’est déroulée votre année 2020 avec le Covid-19 ?

On avait commencé à s’entraîner, on était en cours régulier jusqu’au Springbreak, notre semaine de vacances. J’étais en vacances à Porto Rico, et il n’y avait pas encore trop de cas aux États-Unis. Des universités dans les grandes villes ont commencé à fermer. Mes parents commençaient à s’inquiéter pour moi mais je ne réalisais pas trop encore. L’université nous a envoyés des mails pour nous dire qu’on allait faire une semaine d’essai de cours en visio. Au final, ils ont fermé l’université, on est passés à distance. Je suis rentrée en France vers le 22 mars jusqu’à fin juillet pour la pré-saison, qu'ils ont reportée. On avait hâte de reprendre, et une semaine avant ils ont annulé tous les sports et ça nous a mis un coup au moral de se dire qu’on n’allait pas avoir de saison.

Comment avez-vous géré les cours en ligne depuis la France ?

C’était assez compliqué. Je commençais mes premiers cours à 15h, pour 9h aux États-Unis et j’avais un cours tard ce semestre là qui commençait à minuit et terminait à 2 h du matin. Donc je n’étais pas très efficace. J’étais totalement décalée. Mais ça s’est bien passé, comme j’étais confinée, je n’avais pas le choix de travailler. Sinon, je sais que j’aurais décroché.