Jouer au Roahzon Park est toujours un défi pour le FC Nantes. Ce stade n’a que trop peu réussi aux jaune et vert depuis plus d’une dizaine d’années. La réussite, c’est bien d’ailleurs ce qui a manqué aux Nantais ce soir. Récit d’un match à rebondissements.
Bis repetita
Plus tôt dans la semaine, l’équipe menée par Vahid Halilhodzic a plié le genoux face au talent parisien. Mais les joueurs de la capitale s’étaient vu aider en première mi-temps par une ouverture du score sur penalty. Un fait de jeu alors rapidement surmonté par l’adresse d’Abline devant le but. Si ce dernier a finalement été annulé pour position de hors-jeu, il était l’illustration d’un semblant de force mentale et de révolte côté jaune et vert. Ce soir, à Rennes, le scénario s’est reproduit, de manière quasi similaire.
Fauché par Anthony Lopes sur un ballon en profondeur, Breel Embolo a obtenu un penalty dès la 5e minute. Inscrit par le meilleur buteur du championnat, Esteban Lepaul, ce but a confirmé un début de partie endiablé côté rouge et noir. L’action menant à cette ouverture du score a par ailleurs offert aux yeux de Franck Haise la solution pour se jouer de cette défense nantaise. Le FC Nantes a donc cédé en début de rencontre, à nouveau. A nouveau cependant, les joueurs ont également réagi et ont montré leur abnégation face ce parfois prétentieux Stade Rennais.
Aussi, plein de détermination, et profitant de la faute d’appréciation d’Aït Boudlal, Ganago s’est distingué d’une magnifique frappe lobée pour égaliser. Un but salvateur et qui est venu récompenser le sursaut de Nantais bien plus vaillants. La première période s’est ainsi soldé par un nombre assez conséquent d’occasions, pas toujours franches, pour les jaune et vert. Plus poussifs, les Rennais ont quand même su inquiéter Lopes en fin d’acte.
Pas toi Valentin
Sans doute épuisés et contrariés par un manque de réussite et/ou de qualité, la seconde période a été plus difficile pour les joueurs nantais. Par deux fois, le Stade rennais a cru repasser devant au score. Mais par deux fois, les buts ont été refusés pour position de hors-jeu. Abline et consort ont continué à tenter, à center et à pousser les rouge et noir à la faute. Il faut croire que les dés avaient d’ores et déjà été jetés néanmoins. Un grand Brice Samba, impérial sur sa ligne, a sauvé les siens à plusieurs reprises. Puis, comme un énième rappel de son destin, le FC Nantes 2025-2026 a concédé un but dans les arrêts de jeu sur un corner. Un corner repris par un enfant de la Jonelière : Valentin Rongier.
Sans doute conscient de la conséquence de cette balle logée au fond des filets nantais, le capitaine rennais a célébré de manière mesurée un but qui maintient l’espoir à Rennes de lutter jusqu’à la dernière journée pour une place en Ligue des Champions. Pour Nantes, cela a une tout autre conséquence. A trois journées de la fin et en ayant à affronter l’OM et le RC Lens, les Canaris comptent 5 points de retard sur Auxerre. A moins d’une série inespérée de 3 victoires sur les 3 derniers, il n’y a plus grand-chose à espérer sur les bords de l’Erdre. L’horizon dévoile désormais d’autres contrées.
Loser time
Communément appelé le « money time » en Angleterre, les arrêts de jeu d’un match de football sont souvent l’occasion de retournements de situation improbables. L’histoire de ce sport en a connu de très nombreux et ce temps additionnel aux 90 minutes réglementaires est certainement source d’incertitude et ainsi d’émotions fortes. Pour le FC Nantes, ces minutes supplémentaires tendent davantage à être le « loser time » et a suscité chez les supporters et supportrices jaune et vert des moments de peur, de crainte et souvent de dépit. En effet, cette saison et les précédentes, il est devenu systémique pour le club ligérien de s’incliner en fin de rencontre. Plus que les simples défaites que provoquent ces buts encaissés aux termes des matchs, c’est également le coût mental de ces scénarios qui affecte les esprits nantais.
En ce début de soirée rennaise, cette frappe de Rongier a été un coup bref, sec et précis dans le dos des Canaris. La goutte de trop d’une saison trop longue et trop décevante. Nicolas Cozza et ses coéquipiers se sont battus. Malheureusement, avec des lames émoussées, des armures mal réglées et des visières abaissées, il a été trop complexe de porter l’estocade décisive dans ce match. Ce soir, l’ensemble des garants de la protection sportive ont échoué à tenir la forteresse nantaise. Depuis 2012, celle-ci avait résisté à maints assauts de la part de ducs plus puissants et de petits seigneurs révoltés. Ce 26 avril 2026, elle cède. Le pont-levis est abaissé. Il est l’heure, sans doute, de tirer sa révérence. L’espoir reviendra.
Pour que la passion reste
Mathématiquement le club n’a pas encore scellé sa destinée mais la flamme de l’espoir a fui presque avec certitude toute âme nantaise concernée par le FC Nantes. Cela je l’ai ressenti cet après-midi. Plutôt que de regarder le match, j’ai décidé de l’écouter. Aussi, profitant du grand soleil, je me suis branché sur Ici Loire Océan et les journalistes de la radio publique m’ont narré la rencontre. Le commentateur en particulier a eu le don de me faire vivre avec bien davantage de passion que ses compères de la télé cette rencontre. Bien entendu, n’étant pas tenu à un devoir de neutralité (si tant est que les commentateurs et consultants du diffuseur doivent s’y tenir), il a mis beaucoup d’émotions et d’envie dans sa manière de compter le match. Un élan de passion qui a quelque peu réveillé l’état léthargique dans lequel me plongeait chaque rencontre visionnée sur un écran. Il est de mise que ce SRFC-FCN a sans doute été bien plus animé que d’autres oppositions de cet exercice 2025-2026. Néanmoins, ce commentaire simplement audio a été une source d’espoir jusqu’au bout.
La passion survivra. Elle survivra à une descente en Ligue 2. Elle sera portée par celles et ceux qui ne peuvent s’empêcher de s’attacher à ce club, à certains de ses joueurs, à ce stade et à ses magnifiques supporters et supportrices. Cet été déjà, il sera question de démontrer la passion qui s’exprime à travers nous toutes et nous tous. Que l’on soit en Ligue 1 ou en Ligue 2 n’y changera rien. Au contraire, pour la première fois depuis un long moment, le FC Nantes pourra avoir un objectif autre que celui de jouer le ventre mou ou de lutter pour le maintien. Peut-être alors, que c’est en chassant à nouveau le succès, que celui-ci reviendra et que la passion grandira encore davantage.
Allez Nantes !
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