Secrètement, on y croyait. On pensait encore le FC Nantes, dans cette situation, s’imposer face au SCO Angers, histoire de revenir dans la course au classement. Après cette nouvelle défaite, de nouvelles illusions s’envolent, peut-être les dernières. Il suffit de jeter un oeil au calendrier et de se souvenir de ces prestations empreintes de suffisance pour perdre tout espoir.
Des points qui se perdent
Ce derby de l’A11 opposait probablement les deux équipes les plus faibles du championnat. Peut-être aussi les plus faibles de la région, où l’on voit quelques rencontres de Régional 3 de meilleure qualité.
C’est toujours le même constat : les Canaris ne parviennent pas à se créer des occasions. Ils essayent de prendre le jeu à leur compte en première mi-temps, mais leur jeu long profite à l’adversaire. Les meilleures occasions du début de match sont alors angevines.
Les Nantais parviennent toutefois à reprendre la main, et à se montrer dangereux sur quelques ballons dans la deuxième partie de première mi-temps. « Dangereux » est un bien grand mot évidemment.
Une lente agonie
En début de seconde période, c’est Angers qui reprend le jeu à son compte et qui marque par Sbaï (52e). Ensuite, les niveaux techniques et tactiques des Canaris sont insuffisants pour remonter au score. Aucun mouvement, ça joue arrêté et ça balance sur le maladroit Ganago. En face, Sbaï est sur le point d’enfoncer le clou, mais Anthony Lopes parvient à repousser et à maintenir un semblant de suspens pour la suite de la rencontre. Pour rien.
Ahmed Kantari avait fait ses débuts en Ligue 1 en décembre à Angers, pour une défaite 4-1 qui lui permettait de mesurer l’ampleur de la mission. Quatre mois plus tard, il semble bien qu’il n’ait rien apporté à un groupe amorphe, dénué de toute cohésion et de tout esprit collectif. Après dix rencontres, il compte deux victoires et huit défaites.
Nous sommes heureux pour le SCO, qui a assuré son maintien. Nous restons malheureux pour notre équipe à l’agonie. L’issue de la saison ne fait plus aucun doute. La place de barragiste sera miraculeuse.
3 Commentaires
Après avoir joué le nul 0-0 à Lille contre une équipe épuisée par un match européen, Kantari avait décidé une fois de plus de jouer le 0-0 mais cette fois à domicile et contre la très modeste équipe d’Angers, en grande difficultés pour marquer des buts en ce début d’année 2026. Jouer avec seulement 2 attaquants et sans milieu offensif à un moment clé de la saison où l’occasion se présentait à nouveau de prendre les 3 points pour repasser devant Auxerre avant un enchainement de matchs très compliqués, montrait toute l’ambition, une fois de plus, de ce coach peu inspiré. Il a fallu attendre d’avoir pris ce but – inévitable en regard de la fragilité défensive de cet effectif – pour que Kantari fasse enfin entrer 2 joueurs plus susceptibles de trouver la faille grâce à leur vista et leurs qualités techniques au dessus de leurs coéquipiers : Tabibou et Cabella. Pourtant, comme ce coach enchaine les mauvaises décisions, Tabibou est positionné une fois de plus latéral/piston gauche. Malgré cela, deux minutes après son entrée en jeu, ce sera lui qui sera à l’origine du 1er tir cadré, côté nantais (68ème minute de jeu) mais comme les deux suivantes dont une sur coup franc, ses frappes seront sans danger pour un Koffi bien dans son match. Quand on dispose de si peu de joueurs techniques et en jambes dans son effectif, comment peut-on se permettre d’attendre la 66ème minute de jeu pour faire entrer en jeu Tabibou et de surcroit à un poste où il ne pourra pas exploiter tout son potentiel offensif alors qu’il serait tellement plus efficace en soutien des attaquants, en 10 ou sur son faux pied, excentré à droite ???
Il est difficile de prévoir si Kantari aura un jour le niveau pour entrainer une équipe de L1 mais aujourd’hui il ne fait guère de doute que les choix qu’il a fait depuis son arrivée sur le banc des Canaris (plans de jeu et objectifs assignés aux joueurs, compositions, coaching…) ne sont pas à la hauteur des attendus pour sauver le club de la relégation. Les 2 seules victoires à son actif ont été obtenues grâce à des faits de jeu improbables ; quant aux nombreuses défaites subies sous ses ordres, s’il répète à l’envi que son équipe a souvent manqué de chance, objectivement il ne peut se plaindre d’avoir mérité 1 ou 2 victoires de plus.
Aujourd’hui, tous les signaux renvoyés par ces compos sans ambition de joueurs apathiques qui, face aux médias, font encore semblant d’y croire, nous envoient en L2 sans passer par la case barrages. Pour conserver le moindre espoir de jouer les barrages, au moment où notre principal concurrent (Auxerre) s’accroche et grignote des points ça et là, les Kita seraient CETTE FOIS bien inspirés de trouver un pompier pour tenter de sauver la maison jaune, profitant d’une trêve de 2 semaines – non prévue – résultant du report d’un match de championnat … pendant qu’il en est encore temps.
Les préférences « dans la composition de l’équipe » d’un coach répondent sans doute à des volontés insondables qui nous échappent sûrement … comportements des joueurs à l’entraînement, aspects tactiques face à l’adversaire, fatigues ponctuelles pour certains en cours de saison, gestion d’un effectif pléthorique et très conséquent [turn-over nécessaire] … etc. qui nécessitent des choix avérés de tel ou tel joueur plutôt que tel autre. Des tribunes, ou confortablement avachi dans son canapé il nous semble évident de faire le constat de manquements « évitables » de « modifications évidentes » mais la réalité est peut être toute autre … Nous sommes critiques, trop sans doute ; le banc de touche étant le seul décideur et nous des commentateurs de salon.
Kantari comme beaucoup d’autres fait plutôt le choix d’avoir des équipes « solides » avec des joueurs « de devoir » pour contenir l’adversaire, de bien quadriller le terrain et profiter des contres pour marquer. Et, j’oubliais, la peur de perdre. Ah, la peur de perdre !
C’est sa marque de fabrique « la « philosophie Kombouaré » qui produit ses effets avec une équipe en forme physiquement, débarrassée de tous complexes et sans état d’âme. C’est aussi la conception Kitaienne qui a essentiellement choisi pendant ces 18 années de dur labeur, des coachs partisans d’un foot de combat,
de « gars qui n’en veut » plus que de beau jeu.
C’est la phase finale de la méthode Kita et … son échec.
Lorsque l’équipe doute, ce qui est malheureusement largement le cas aujourd’hui, on redouble d’efforts dans les phases défensives avec un surcroit d’arrières pour ne pas prendre de buts ce qui diminue d’autant le domaine offensif avec une ligne de milieux où les offensifs et les créateurs sont absents. Constat primaire certes, mais évident. Chris l’explique très bien dans son commentaire.
En 1ère mi-temps, face à Angers, qui n’est pas un foudre de guerre, une des équipes les plus faibles qu’on ait vu cette année, Kantari a maintenu une ligne de 5 défenseurs face à 1 voire 2 attaquants adverses [maxi]. Ce n’était ni Manchester City ni le Barça en face. Et on jouait à domicile pourtant !
Menés 1 à 0 il y avait sans doute mieux à faire en prenant quelques risques, faire rentrer les Tabibou, Mohamed, Cabella, Guirassy [non pas lui, il est viré] plus tôt dans le match mais … on se protège avant tout. Assurer ses arrières, c’est ça. Quant à faire jouer Tabibou côté latéral gauche, très en retrait, c’est ça aussi le football moderne.
Voilà la messe est dite. Retour case départ.
Vive le jeu comme disait Raynald.
Si encore, maintenir Kantari était la solution pour préparer au mieux la saison prochaine afin de viser la remontée la saison suivante, nous finirions – en tant que fidèles supporters – par accepter ce choix et l’encourager quoi qu’il arrive.
Mais, il parait évident, et je pèse mes mots, qu’il est incapable – je dis bien incapable – de repartir sur de nouvelles bases avec un effectif limité (jeunes issus de la formation nantaise ou d’ailleurs et d’autres moins jeunes mais revanchards), motivé pour participer à l’opération « remontée » du FCN, avec un projet de jeu plus ambitieux et autrement plus emballant.
Remplacer un Castro en échec et en manque de solutions du fait d’un effectif trop faible et déséquilibré, par un entraineur sans expérience à ce niveau, si ce n’est comme adjoint d’un autre coach mais seul maître à bord, aura été la plus grosse erreur de Franck Kita depuis son arrivée au FCN ; et pourtant, il les a multipliées, lui et son père en 19 ans de gestion…