- Photos : Richard Coudrais
En 2001, quand Didier Deschamps était sur le point de mettre un terme à sa carrière de joueur, la journaliste Dominique Rouch avait publié une biographie bilan du capitaine de l’équipe de France dont le palmarès (champion du monde avec les Bleus, champion d’Europe avec l’OM…) avait explosé le plafond de verre du football français.
Les jaunes années d’un leader
Vingt-cinq ans plus tard, les éditions Solar publient un nouvel ouvrage de Dominique Rouch consacré à l’ancien joueur devenu entraîneur et sélectionneur au parcours tout aussi impressionnant. Didier Deschamps est clairement devenu le plus grand sélectionneur de l’histoire du football français.
Le bel ouvrage publié aux éditions Solar évoque en textes et en photos les grands moments de la carrière du sélectionneur, mais revient aussi sur son enfance et son apprentissage du football au sein du FC Nantes. Le texte donne le détail des sollicitations du prometteur gamin par des clubs comme l’AS Saint-Etienne, les Girondins de Bordeaux, le FC Nantes, et comment la balance a penché en faveur du club jaune et vert.




Nantes, ce sont les années fondatrices, celles qui forgent un destin et tracent les lignes d’une existence, pour reprendre les mots de Dominique Rouch. Les premières années au centre de formation sont difficiles, avec l’éloignement de la famille, la découverte de l’adversité, les moments de solitude, mais aussi les premières fortes amitiés et même l’amour puisqu’il rencontre sa future femme en cette période.
Un capitaine de vingt ans
La progression de Didier Deschamps est aussi régulière que prometteuse, marquée par un sens du commandement très affirmé. Quelle que soit la catégorie, il joue brassard au bras au milieu de coéquipiers plus âgés que lui, y compris en pro où il devient capitaine avant même d’avoir vingt ans. Le livre fait intervenir les parents du jeune champion, son épouse, et évoque également la disparition de son frère en 1987, une épreuve qui le rapprochera de Marcel Desailly, qui avait perdu Seth Adonkor en 1984, mais aussi d’Emmanuel Petit et Lilian Thuram quand tous évolueront en équipe nationale.
L’ouvrage de Dominique Rouch reste curieusement très bref sur le reste de sa carrière de joueur (OM, Juventus, Chelsea, Valence…) pour aborder directement les sujets de l’entraineur (Monaco, Juventus, OM…) puis du sélectionneur à succès. C’est à nouveau l’autorité et le leadership qui sont mis en avant dans la réussite de l’ancien nantais, notamment dans sa gestion habile, mais ferme des conflits qui l’ont opposé à certains égo.
Un livre aussi passionnant que beau, à lire et/ou à offrir aux passionnés de football, qui rappelle notamment qu’au-delà des footballeurs, le FC Nantes a également façonné le destin de grands hommes.

- “Didier Deschamps, ce que je sais de lui” (Solar 2026) de Dominique Rouch. 176 pages. 205x280mm. Prix:29,90€. ISBN:978-2-263-19396-5. En vente dans toutes les bonnes librairies et sur le site des éditions Solar.
1 Commentaire
Un grand MERCI
Aussi, pour illustrer le propos : « un sens du commandement très affirmé. Quelle que soit la catégorie »… Je vous renvoie volontiers à la relecture du passage ci-dessous de l’ouvrage collectif « Saupin mon Amour » d’un de nos édiles d’LMJ :
»
Un jour, encore peu malade, Bibi pour rendre un autre service à l’incontournable directeur Sportif (*), amena Peporro en copilote, cueillir un autre petit Basque à la Gare. Le garçon s’était cassé le nez, mais, devait jouer à Marcel Saupin avec « La Réserve » l’après-midi(**). Le train le ramenait de Bayonne, il fallait ensuite, effectivement, le conduire jusqu’à Saupin. Comme d’habitude Bibi prit place aux rangs élevées en tribunes des journalistes. Ceux où il avait les tablettes (Il y rejoignait souvent des éducateurs encore au Club). Cette fois, Peporro était assis à ses côtés. Bien qu’avec des pros, et des bien plus vieux que lui, sur ce gazon parfait et réputé du Stade(***), c’est le Petit Basque qui dirigea l’équipe, cet après-midi, là !
»
(*) « BUD » (Robert Budzynski)
(**) C’est comme cela que l’on nommait la Division 3 (au niveau très relevé) de l’époque, l’équipe 2 des Canaris.
(***) Avec le Stade Bonnal entre autre, le gazon du Stade Marcel Saupin (avec son sable) constituait un vrai « Green » de Golf pour les joueurs qui le foulaient. Ce qui était remarquable, puisqu’à l’époque, les « lever-de-rideaux » existaient encore. Et, que, les équipes de jeunes en profitaient aussi : à commencer par les Cadets Nationaux de Jean-Claude BAUDOUIN, du championnat déjà sponsorisé d’une boisson effervescence d’outre-Atlantique. (Notez-bien, ici, le satisfecit adressé a posteriori aux équipes d’entretien des espaces verts, et la flagornerie, elle, destinée à nos nostalgiques du site)