Longtemps maudit dans cette épreuve, le FC Nantes réalise un bon parcours en Coupe de France. Le Stade lavallois, club de troisième division, est battu (3-1) en trente-deuxième de finale, auxquels succède Forbach en seizième de finale (7-3), le Red Star (1-1 puis 2-0), Ajaccio (2-0) et enfin le SCO Angers, battu (3-0) en demi-finale.

Objectif doublé

La finale se dispute le 22 mai 1966 alors qu’il reste encore trois journées de championnat à disputer. Le titre de champion ne fait alors aucun doute, la récente victoire contre Sochaux (2-1) a donné neuf points d’avance aux Canaris sur leur poursuivants, qui ne peuvent plus en conquérir que six.

La finale vient donc à point nommé pour tenter le doublé Coupe-championnat, un exploit que peu de clubs français ont réalisé jusqu’alors : Sète en 1934, le RC Paris en 1936, Lille en 1946, Nice en 1952, Reims en 1958 et Monaco en 1963. « La domination exercée par les Nantais, depuis 9 mois, en championnat, sur leurs rivaux, a ôté tous les doutes qu’on pouvait émettre sur leur supériorité et leur suprématie à l’échelon national » écrit Jean-Philippe Réthacker dans France-Football.

L’adversaire qui se présente face à Nantes est le RC Strasbourg, neuvième du championnat, une rugueuse équipe dirigée par Paul Frantz, un adepte du football défensif. Les techniciens voient dans cette finale une opposition de style nettement marquée « entre le 4-2-4 nantais basé sur le jeu, et le béton strasbourgeois, fondé sur le foot de défense-contre-attaque« .

A dix contre onze

Depvant les 36.285 spectateurs du Parc des Princes, les Canaris sont largement favoris, d’autant qu’ils n’ont connu qu’une seule défaite depuis le début de l’année civile. Mais ils ont la malchance de perdre au bout d’une demi-heure leur fantasque maitre à jouer Ramon Muller, qui doit laisser ses coéquipiers finir la rencontre en infériorité numérique.

En début de deuxième mi-temps, le défenseur Robert Budzynski stoppe irrégulièrement l’Argentin José Farias qui se frayait un passage vers le but. L’arbitre monsieur Tricot accorde un coup franc indirect à une vingtaine de mètres de la cage de Daniel Eon. Farias glisse le ballon sur sa gauche à Pierre Sbaiz dont la frappe puissante se loge dans le petit filet du gardien nantais.

C’est un coup dur pour les Nantais qui ne remonteront jamais ce but de retard. La Coupe de France échappe au FC Nantes, tout comme le doublé qui semblait promis aux Canaris. Trois jours plus tard, le championnat reprend ses droits et le FC Nantes doit se rendre… à Strasbourg. La nouvelle victoire des Alsaciens (1-0) confirmera que la finale de la Coupe de France n’avait rien d’un accident.