• Photo : Alain Jarnoux

Lors de son départ du club en 2016, au terme de son second mandat d’entraîneur des jaune et vert, Michel Der Zakarian (MDZ) était parti aimé des supporters. Il avait permis à toute une ville de retrouver le plus haut niveau du football français et avait su inculquer à ses joueurs une détermination sans égard. Malheureusement, ce troisième mandat a débuté de la pire des manières pour le technicien arménien. Trois défaites en autant de rencontres officielles et une impression collective catastrophique ont déjà crispé tout le monde. En conférence de presse d’après-match, MDZ n’a d’ailleurs pas fait dans le détail et a clamé tout haut sa frustration et son mécontentement, notamment face à l’attitude de ses joueurs. Il a particulièrement souligné le manque total d’agressivité sur le terrain chez ces derniers. Pourtant fortement attaché à un club au sein duquel il a passé de nombreuses années, MDZ a semblé presque résigné. Un signal inquiétant alors que la saison commence seulement et qui interroge déjà quant aux choix effectués à l’intersaison.

En effet, le manque de cohérence sportive a souvent été pointé du doigt à Nantes sous la direction des Kita et en particulier en ce qui concerne les entraîneurs. Les changements mis en œuvre n’ont que très rarement provoqué des résultats positifs. Pourtant, malgré les erreurs à répétitions, le processus n’a pas changé et les échecs continuent. Sans cesse, d’anciens entraîneurs ont été convié à venir sauver le club du péril dans lequel il se trouvait. Halilhodzic, Kombouaré et maintenant Der Zakarian en ont été les meilleurs exemples. Quand les changements se sont voulus plus radicaux, comme avec les nominations de Conceicao ou Aristouy, de vrais effets ont pu être observés. S’ils ont parfois été succins, ils ont le mérite d’avoir mené un projet quelque peu différent. Ils n’ont pas eu peur du changement, ils ont au contraire eu l’intelligence de savoir qu’il était nécessaire.

Finalement, le Football Club de Nantes est simplement effrayé du changement. A tous les niveaux du club, presque aucun effet positif n’est induit par des changements. Que ce soit tactiquement, sur le recrutement des joueurs et du staff ou encore sur le changement de capitaine ou de joueurs en cours de match, rien ne semble fonctionner. Chaque décision s’empile telle une suite continue de balbutiements. Une constante s’impose ainsi à Nantes. Que le club évolue en Ligue 1 ou en Ligue 2, rien ne change réellement. Observateurs et observatrice ne peuvent constater qu’une chose : le FC Nantes est un club malade. Les maux ne sont pas soignés et les pansements de piètre qualité. Quelle remède pourrait bien guérir le Football Club de Nantes ?

Nantes version 2026-2027, comme une impression de déjà-vu

La rencontre livrée par les Canaris face à Rodez a été une copie presque conforme des rencontres vécues tout au long de la saison dernière. Quelques rares moments de jeu et une première période globalement maîtrisée pour ensuite s’écrouler au premier coup de vent et perdre complètement pied. Les 45 premières minutes ont été encourageantes à travers le doublé (4’ et 24’) de la recrue Killian Corredor notamment. Malheureusement, ce dernier s’est par la suite blessé de façon anodine peu avant la pause. Les 45 dernières minutes, elles, ont été absolument désespérantes.

A la vue du premier acte, fou aurait été celle ou celui pronostiquant une telle déconvenue. Car il a fallu seulement une petite minute aux Aveyronnais pour inscrire le but égalisateur. Puis, à la 70e, Baldé, coup sur coup, a enterré les coéquipiers de Bahereba Guirassy en marquant deux jolis buts, bien aidé néanmoins par une apathie générale chez ses adversaires. Enfin, comme si le résultat n’était pas encore assez pesant, une dernière action du RAF dans le temps additionnel a vu Saïdou Sow pousser le ballon dans ses propres filets. Au micro de la chaîne qatari beinsport, Frédéric Guilbert a fortement critiqué la performance globale de l’équipe avec un propos clair : « C’est de la merde ».

Au terme de ce match, difficile donc de retenir quoi que ce soit de positif. Si le nouvel attaquant s’est distingué, sa blessure risque de ne pas lui permettre d’enchaîner. Sur l’aile gauche, Guirassy a été bon, il a beaucoup provoqué et s’est crée des situations assez dangereuses. Sur l’aile droite, Matthieu Cafaro et Frédéric Guilbert ont semblé bien s’entendre et ont ainsi réalisé plusieurs combinaisons intéressantes. Enfin, au milieu de terrain, Wilitty Younoussa, a été très actif à la récupération mais aussi pour proposer des solutions à ses coéquipiers. Mais ces quelques bons éléments ont, comme le reste de l’équipe, disparu dans un second acte où les Nantais n’ont eu presque aucune action offensive et ont passé leur temps à subir, la faute a une incapacité à conserver le ballon ou à se projeter. En définitive, le FC Nantes souffre, sur le terrain, des mêmes maux que les saisons précédentes : grande faiblesse technique et mentale, absence d’une stratégie de jeu claire et impact nul des entrants. Ce dernier point exposé est plutôt navrant, le but du changement étant de susciter un nouvel élan.

Jeunes, joueurs d’expériences et staff : un manque de liant ?

C’est un fait, les entrées de Louis Leroux, Bahmed Deuff et Moustapha Dabo (69’) ont été décevantes. S’ils ne sont pas responsables du doublé inscrit par Baldé deux minutes après avoir pénétré sur le carré vert, ils n’ont par la suite que peu montré. Leur toucher du ballon a été imprécis et ils ont été maladroits dans leurs décisions. Par ailleurs, leur attitude n’a pas fait état d’une envie particulière d’apporter du dynamisme et du changement dans un match qui tournait au vinaigre. Finalement, ils n’ont fait que s’acclimater à cette apathie collective qui a marqué le second acte côté nantais. C’est en tout point regrettable mais sont-ils à blâmer ? Ou du moins, sont-ils les premiers à blâmer ?

De ces joueurs, nous attendons toujours de l’émotion. Plein d’espoir, les jeunes suscitent une forme d’excitation quand ils sont sur le terrain. Mais au FC Nantes, les temps sont durs pour la jeunesse. A certains, les entraîneurs donnent une chance. Beaucoup ne l’ont pas fait. D’autres sont parfois rapidement revenus sur le choix de titulariser les potentiels pépites. Aussi, peu sont sortis du lot côté nantais. Sur ce match ou lors des saisons précédentes, ils n’ont pas eu le temps, l’opportunité ou le talent pour s’imposer en équipe première. Sans aucun doute, cela n’est pas uniquement dû à leur individualité. Le football est avant tout un sport collectif. Dès lors, la capacité d’un jeune joueur à performer dans une équipe dépend également d’un contexte mis en œuvre par des coéquipiers plus expérimentés et un staff tourné vers l’accompagnement.

Contre Rodez, comment se fait-il que les jeunes Canaris n’ont rien produit, rien dégagé ? Ne se sentent-ils pas intégrés au collectif ? Encore des questions. Sans réelles réponses. Ce qu’il est possible d’observer néanmoins c’est que Dabo, Leroux, Tabibou et Deuff sont entrés sans réelles convictions. MDZ, peut être à tort, a eu des mots forts à leur encontre. A voir si cela aura un quelconque effet positif. Ce qu’il est certain en tout cas, c’est que TOUS les joueurs doivent donner davantage, les plus expérimentés y compris. Car si les jeunes pousses n’ont pas été flamboyants, ils n’auront surtout pas été rassurés de voir des joueurs d’expérience se manquer aussi facilement sur certaines actions. Ces joueurs et ce staff doivent encore apprendre à se faire confiance. En auront-ils le temps ou pensera-t-on plus haut qu’un énième changement est d’ores et déjà nécessaire ?

Une Beaujoire déjà mécontente

Si dans sa globalité, la jeunesse nantaise a été invisible, la performance de Bahereba Guirassy a été saluée par une Beaujoire pourtant foncièrement en colère. Pour ce premier match à domicile (hors huis clos), les supporters et supportrices nantais ont été sans pitié et sans patience. La rencontre s’est même terminée par les encouragements, par certains et certaines, des Ruthénois. Toujours privée de victoires, la Beaujoire tend à repartir sur les bases de la fin de saison dernière. La réouverture de la tribune Loire et le retour de la Brigade Loire face au Stade de Reims seront à observer de près.

Frustration et colère sont compréhensibles. Frédéric Guilbert l’a clamé en après-match et MDZ également. Comme dit plus haut, cette saison semble être simplement la continuité de la précédente. Aussi, difficile pour les supporters et supportrices de changer d’attitude. Néanmoins, s’armer de patience est important. Ne pas créer un contexte hostile à domicile dès le début de ce nouvel exercice l’est également. Certains joueurs débutent sous les couleurs nantaises et les encourager pourrait aider. A chacun et chacune de décider !

En tout cas, à Nantes, on ne sait vraiment à quoi s’attendre. Le match face à Guingamp semble déjà couperet. Autre chose qu’une victoire serait une nouvelle déception. Le FC Nantes doit absolument commencer à prendre des points et à engranger de la confiance et surtout arrêter de faire du changement pour faire du changement.

Allez Nantes !