• Photo : Alain Jarnoux

C’est avec la hantise du jeune communiant que j’ai vécu cette folle dernière journée de courses au marché pour remplir la bourriche de notre club en perdition, avant de rendre les armes, épuisé, mais heureux d’une quête bien fournie. Enfin, il y aura des radieux, des malheureux et des répudiés dans cette folle équipée.

Mercato, vite fait, bien fait !

Je me suis longtemps interrogé sur cette règle très particulière au foot, qui permet un recrutement souvent non négligeable alors que la compétition est entamée depuis un moment. Cela peut paraitre étonnant, pas nécessairement très sportif (que les « petits » doivent appréhender) et pourtant, c’est la logique d’aujourd’hui. C’est ce qu’on appelle le Mercato, qui fait tant saliver sur les réseaux sociaux, chacun y allant de son petit commentaire avec un parfait mépris pour les joueurs qui ont signé un contrat que personne ne respecte plus, les entraineurs n’en faisant qu’à leur tête, adoubant l’un, écartant l’autre.

Le brave supporter du Red Star, lui, qui a soutenu son équipe avec cette belle place de 4ème (fin saison 2025 2026) échouant de peu pour une possible montée dans l’élite doit ronger son frein. Il se prépare probablement à une période de vaches plus maigres. Pillé de ses meilleurs éléments. Les temps à venir risquent de paraitre plus compliqués. Bien fait pour lui. Quelle idée d’encourager un club de banlieue dans une citée Qatari ! Il a déjà perdu son coach, il va perdre ses meilleurs éléments. Allez circulez, il n’y a rien à voir.

J’ai soutenu les moins de 19 ans de Stéphane Moreau et le regrette

C’était sympa cette idée d’ouvrir le stade de la Beaujoire au public pour la « Youth League » et d’encourager les protégés de Moreau qui, depuis un certain temps déjà, tutoient le haut du panier avec les résultats que l’on sait. Nous nous sommes crus revenus à une époque plus glorieuse où le club fréquentait l’Europe. Il y avait du monde en tribune, il y avait des perspectives naissantes au point de commencer à tirer des plans sur la comète. Le vieux spectre d’un retour à l’époque où la formation avait un sens, nous titillait un peu les doigts de pied et aussi les neurones. Kita, le vieux loup, avait viré sa cuti et décidé de « penser » culture club et formation, après tant d’années de galères.

En fait, un peu perturbé par cette journée de fin de Mercato, je divague … je le reconnais. Waldemar n’a jamais imaginé confier les clés de la boutique à la jeune génération mais plutôt espéré récupérer de la monnaie avec une spéculation possible, en marchandant son bétail. Stéphane Moreau lui, n’est peut être aussi qu’un magicien qui a élevé le niveau des ses joueurs au dessus de leurs qualités intrinsèques pas au niveau de leurs succès, auquel cas, bien joué Waldemar, notre vénéré maitre. Grand coach mais petits joueurs, ouais c’est ça.

Je regrette Deuff, Herba voire Acapandié, Benhattab et bientôt … Tati, Leroux, Tabibou, Ziani qui ne feront pas de vieux os, ici. Quant à dire que les 2 K aient eu envie de savonner la planche de leur possible successeur en enterrant définitivement l’ADN du club, je n’irai pas jusque là. Et, juger que les nouveaux sont très supérieurs aux anciens, chacun son opinion. Jusqu’à preuve du contraire améliorer son effectif consiste aussi à recruter des hommes d’une valeur incomparable, l’expérience nous apprenant que cette certitude a parfois du plomb dans l’aile, on en sait quelques chose.

Je pensais que pour réussir dans le foot il fallait laisser du temps au temps et répéter ses gammes

On se retrouve aujourd’hui avec une vingtaine de départs et une bonne douzaine d’arrivées, en tenant compte des mouvements d’avant saison. C’était la foire à l’empoigne, le cirque Pinder ou la grande braderie, allez savoir. C’est comme vous voulez. Mais, nous avons un coach de qualité qui va, bien sûr, rapidement équilibrer ce radeau fragile. Après la tempête, le calme et la sérénité vont prendre le dessus, on n’en doute pas une seconde. Enfin, je voulais dire que le Rochelais va devoir faire ses preuves avec ce bric à brac étonnant et singulier!

Je pense à Coco Suaudeau et Raynald qui n’aimaient pas trop voir débouler des joueurs comme ça, à qui mieux mieux, sans leur assentiment. La cohésion d’un ensemble, l’harmonie entre les joueurs et la vertu de leurs idées généreuses étaient des armes pour mettre en place toutes les pièces de leur échiquier avec on le sait, l’art et la manière. On pourrait dire que c’était la patte de l’architecte, la trace de l’artiste. C’était avant !

Mais je me répète, comme disait le grand Robert Zimmerman « the times they are a changin’ ». Autre époque, autres mœurs. Notre Grand Manitou devant l’éternel, qui va fêter ses 20 ans, lui, est plus fort, et va nous permettre de retrouver l’élite avec ce brassage hétéroclite venu d’ailleurs.  Vous allez voir ce que vous allez voir. Chers aficionados de « la Maison », les temps à venir sont porteurs d’espoir(s).