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Gagner cela fait du bien. Quand tu n’es plus habitué, cela fait encore davantage de bien. Un sentiment de bien-être d’abord mental car la victoire manifeste la réussite d’un joueur, d’une équipe face aux tourments de la peur. Car le FC Nantes est plongé depuis plusieurs saisons dans les méandres du doute et de l’angoisse, deux composantes de la peur. Mais c’est donc un lundi soir que les coéquipiers de Kelvin Amian décident de surmonter cette dernière. Si ce n’est de la plus belle des manières que les Canaris s’imposent, cela reste une victoire méritée. Pour une fois, cette équipe n’a pas été naïve.
Petit match, grande victoire
Des instruments ont été mis en place par le nouvel entraîneur jaune et vert pour contrer cette naïveté. Premièrement, son choix de titulariser de nouvelles recrues qu’il connaît personnellement ou qui sont bien connues des terrains de Ligue 2. Ainsi, Thomas Robinet (attaquant, ex-USL Dunkerque) et Ryad Hachem (milieu récupérateur, ex-Red Star) ont montré une détermination et un engagement important dans leurs actions. Cela a semblé donner plus d’allant à leurs coéquipiers. N’ayant pas vécu les traumatismes des saisons précédentes, ces deux joueurs arrivent en confiance dans une nouvelle aventure à enjeu, celui de tenter malgré ce début de saison raté de se placer dans le haut du classement.
Deuxièmement, la composition et le coaching de l’équipe par l’ancien technicien audonien a grandement contribué au succès nantais. Sur l’aile droite, le choix de Tabibou a été payant tant il aura été remuant jusqu’à son remplacement (70’, Joujou). C’est d’ailleurs lui qui adresse la passe vers Robinet amenant au carton rouge à l’encontre d’Elydjah Mendy (32’, annihilation d’une action de but). Grégory Poirier a en plus tout mis en œuvre pour que ces joueurs soient à l’aise afin de profiter de leur supériorité numérique. En effet, il n’a pris aucun risque en sortant à la mi-temps Frédéric Guilbert, déjà sanctionné d’un carton jaune, puis Wilitty Younoussa à la 51’ alors qu’il venait d’être averti.
Dernièrement, les Nantais n’ont pas reculé. Au contraire, ils ont tenté d’acculer leur adversaire. Ils n’y sont que peu parvenus. La faute en est à une équipe qui ne sait pas entièrement et qui est encore en construction. Aussi, le jeu rapide, susceptible de créer des espaces et des occasions de but, n’est pas encore au point. Savoir continuer à attaquer sans se faire peur est néanmoins une belle leçon pour des Canaris sévèrement punis la semaine dernière par un fait de jeu malchanceux.
Un bon début pour Poirier
Pour l’instant, les débuts de Grégory Poirier sur le banc jaune et vert sont satisfaisants. Il n’y a eu que deux rencontres mais dans chacune d’entre elles, il a été donné à voir des éléments de jeu intéressants. Difficile encore d’observer une tactique bien en place mais c’est encore normal à ce stade de la saison et compte tenu de l’arrivée récente du nouvel entraîneur. Par-dessus tout, il inspire la confiance et une forme de différence, voire de rupture, avec ses prédécesseurs. En déterminer les raisons n’est pas encore réalisable. Il faudra attendre au moins les deux prochaines rencontres face au FC Sochaux et à l’US Boulogne.
Peut-être aussi que le nouveau technicien installé sur les bords de l’Erdre a su se faire entendre en matière de recrutement par des dirigeants en pleine panique. Certaines des recrues ont d’ailleurs possiblement été convaincues par la présence de Grégory Poirier comme entraîneur du club. Cela compte bien entendu. Michel der Zakarian ou Ahmed Kantari n’ont sans doute pas eu la même résonnance auprès des joueurs et de leurs agents.
En conférence d’après-match, il a vanté l’état d’esprit de ses joueurs et leur envie d’œuvrer pour le collectif. Ses propos laissent entendre qu’il est déjà proche et à l’écoute de son effectif. Cela apporte sans doute un certain calme dans un club qui vit constamment dans la panique depuis de trop nombreuses saisons. Enfin, il a paru fort lucide sur les manques et les faiblesses de son groupe, dont la fébrilité technique et il a également expliqué en profondeur les intérêts tactiques de ses joueurs. Il est plaisant de l’écouter, à voir si cette réflexion permet de progresser dans ce championnat de Ligue 2. En tout cas, son profil est intéressant et il nous tarde d’observer s’il réussira à construire un véritable collectif.
Des combinaisons à répéter
Même si le match à loin d’avoir été parfait, le FC Nantes a su, à 11 contre 10 pendant 60min, cadenassé l’ASNL. Les Nancéens ont été quelque peu dangereux en première période mais ont presque cessé d’exister dans le second acte. Désabusés par le carton rouge, ils l’ont davantage été par le but éclair inscrit par les Nantais dès la reprise. Parfaitement lancé en profondeur, Ryad Hachem a avalé l’espace pour ensuite centrer très librement depuis le côté gauche de la surface. Très présent dans la surface et au contact des défenseurs lorrains, Thomas Robinet a provoqué le contre-son-camp de Yannis Nahounou. Cette action collective initiée par la passe de Mathieu Cafaro est un des exemples des connexions qui peuvent se créer entre ces joueurs.
Malgré tout, comme l’a indiqué Grégory Poirier aux journalistes, son équipe performe mais de manière « trop mitigée, trop par à coup ». Ce FC Nantes version 2026-2027 manque encore de régularité. Après tout, c’est normal. Cette équipe est jeune dans sa construction et doit encore dépasser certains traumatismes liés aux trois premières rencontres. Mais elle a des joueurs avec de l’allant et un banc qui peut apporter de bonnes solutions et de la qualité. Le technicien Canari en est convaincu.
Tirer profit de la hargne et de la fougue de Dehmaine Tabibou est aussi une bonne idée. Il est parfois brouillon techniquement mais il se bat sur tous les ballons et semble très concerné par le jeu collectif. Il provoque sans arrêt par le dribble les adversaires qu’il a face à lui. Son activité remuante peut déstabiliser de nombreuses équipes. Avec le soutien de son attaquant et de ses milieux, il peut créer de belles opportunités. C’est à confirmer mais c’est l’un des rares jeunes de la formation qui est encore là et que l’on a envie d’accompagner.
Finalement, la tristesse d’un match le lundi soir aura été quelque peu effacé par ce premier succès de la saison. Il est tout de même regrettable d’avoir des matchs en pleine semaine pour les supporters et les supportrices. Mais outre ce défaut de programmation, le FC Nantes se sort enfin de la place de lanterne rouge après cette 5e journée. Face au FC Sochaux, il n’arrivera plus en tant que bon dernier de cette Ligue 2 2026-2027. Un vrai soulagement que l’on espère toutes et tous permanent.
Allez Nantes !
1 Commentaire
Difficile de retenir en positif autre chose que les 3 points qui nous sortent la tête de l’eau, grâce à l’apport des 3 recrues Cafaro, Hachem et Robinet.
Pour le fond de jeu espéré suite à l’arrivée de Poirier sur le banc, il faudra encore attendre… Nul doute que lorsque les 2 pistons recrutés fin août seront en jambes et prêts à débuter les matchs, on verra probablement plus d’actions offensives à même de mieux alimenter en bons ballons nos avant-centres. Mais une telle embellie passera aussi par une meilleure maîtrise dans l’entrejeu, avec des joueurs capables d’enchainer rapidement pressings, contrôles et conduites de balle (Younoussa, Pierret et Lepenant notamment).
Pour le reste et afin que les moindres buts marqués débouchent sur des victoires, les 2 ou 3 DC alignés devront se montrer plus rigoureux et efficaces dans leur surface. Et pour parfaire cette projection, l’arrivée d’un nouveau gardien offrant plus de garanties que Dupé, constituerait un vrai plus, à même d’apporter sérénité et assurance à l’ensemble de l’équipe.