Mettons de suite les pieds dans le plat ! Le FC Nantes se dirige inévitablement vers la Ligue 2. En 5 minutes face à l’AS Monaco, les Canaris ont montré toute la fébrilité d’une équipe qui n’a pas les ressorts pour s’en sortir. Malgré un but juste avant la mi-temps et, à nouveau (cf. FCN-OL), une seconde période jouée à 11 contre 10 pendant près de 30 min, les Jaune et Vert ont été incapables de rattraper leur retard au tableau d’affichage. Cette incapacité à renverser des scores défavorables ou obtenir des matchs nuls par-ci par-là est un élément qui diffère des saisons précédentes. Et c’est bien là l’élément le plus inquiétant. Car le FC Nantes compte seulement 14 points après 22 journées. Rendons-nous compte, 14 points ! 3 pauvres victoires pour 5 matchs nuls et 14 défaites et une différence de buts négative de -20. Si maintien il y avait, cela relèverait d’un miracle, et il passerait certainement par le barrage.
Une défense noyée sous les flots monégasques
Un barrage c’est bien l’inverse de ce qu’a été la défense nantaise sur le Rocher. Maintenue sous pression par les assauts répétés des joueurs de la principauté pendant les 20 premières minutes de la partie, les vannes se sont ouvertes en grand à partir de la 25e. Les 3 buts encaissés en quelques minutes ont eu la particularité d’être plutôt similaires. Ils ont été le fait d’erreurs individuelles, causées par un manque de justesse technique, mais également d’un criant défaut tactique. Alors qu’ils étaient asphyxiés par un pressing monégasque dont ils ne parvenaient à se défaire, les Jaune et Vert ont pourtant insisté dans leur désir de repartir par l’arrière. Pour quelle raison ?
En effet, pourquoi s’entêter avec un plan de jeu dont l’application ne passe pas. D’autant plus face à une équipe de l’ASM connu pour être particulièrement redoutable à la récupération. Nantes en avait d’ailleurs déjà fait les frais au match aller. Il semblerait ainsi que ce groupe (joueurs et staff) n’apprennent pas de ses erreurs. Ou, tout du moins, il ne fait pas en sorte de les corriger. Le FC Nantes ne progresse plus en rien. Au contraire, il régresse. Chaque match semble plus atroce que le précédent. Les personnes chargées de trouver des solutions n’en sont simplement pas capables. Coach comme direction, les choix sont mauvais.
Un navire à la dérive
En conférence d’après match, Ahmed Kantari a tenu à rappeler que, la saison dernière, Nantes en avait pris 7 à Monaco. Cette information il l’a utilisé dans le but de démontrer que ces joueurs sont restés « solidaires » en seconde période, qu’ils n’ont pas baissé les bras. Mais que vaut donc la solidarité quand elle n’influe aucun changement, aucun souffle, aucune envie de victoire ? En sommes-nous donc arrivé à se féliciter de ne pas perdre 5-0 tous les weekends ? C’est inacceptable. Ne pas vouloir enterrer ses joueurs en public ou les culpabiliser c’est une chose, certes. Cependant, il arrive un temps où il est nécessaire de se montrer réaliste et d’accepter les problématiques telles qu’elles sont. Or je crois qu’au club on ne semble pas encore vraiment réaliser la situation dans laquelle cette équipe se trouve : le néant.
Car oui, ce collectif rapiécé a tout d’un vide intersidéral. Il est composé de joueurs qui n’ont que très peu jouer ensemble, qui n’ont aucun automatismes, aucune connexion sur le terrain. Chacun trimballe son fardeau dans ce marasme tactique. Les 5 défenseurs n’ont presque jamais joué ensemble. Centonze est sorti il y a peu de son exil. Machado, Ali Youssef et Abakar Sylla sont arrivés cet hiver. Out la charnière Tati – Awaziem. Ils avaient certes montré leurs limites sur certains matchs mais une complémentarité se créait. Au diable cela, les nombreuses arrivées hivernales ont rebattu toutes les cartes. L’heure n’est plus à faire confiance aux jeunes. Des jeunes qu’on a chargé d’un poids incommensurable pour ensuite leur en faire peser les conséquences. Piètre gestion.
De faibles convictions
Au match aller face à l’AS Monaco, j’étais présent à la Beaujoire. Malgré le résultat, j’avais passé une excellente soirée. Pourquoi ? Parce que les joueurs s’étaient transcendés, avaient montré une vraie envie et ce jusqu’à la fin du match. Chaque but monégasque entraînait une réaction offensive presque immédiate. Ce soir là Nantes avait perdu 5-3. Guirassy avait inscrit un doublé. Abline avait démontré tout son talent. Puis Metz est arrivé et tout s’est effondré depuis.
J’en retiendrai néanmoins que ces deux rencontres face à Monaco sur cette saison 2025-2026 traduisent les faibles convictions d’une direction sans ambition. A l’aller, l’équipe incarnait jeunesse et espoirs à développer. Au retour, l’équipe incarne dépit et désespoir à cultiver. Quel que soit la conclusion de cette saison, il restera marqué dans l’histoire de ce club qu’un coach à qui l’on avait confié une forme de projet de club s’est vu remercié sans avoir été pleinement doté des moyens qu’on lui avait peut-être promis. Et plutôt que de construire ce projet, on a cru bon de monter une opération rescousse avec un entraîneur inexpérimenté. Logique s’il en faut.
Pour le prochain match, je vous invite toutes et tous à observer un possible changement de mentalité. Car, a priori, cela aura été l’objet des séances d’entraînement de la semaine.
Allez Nantes !
1 Commentaire
A un moment donné, après 18 ans de tâtonnements, les Kita doivent se rendre à l’évidence. Pour pouvoir s’installer durablement dans l’élite, un club de football ne se gère pas comme une entreprise ordinaire. Il ne suffit pas de mettre à sa tête un directeur général (dans le cas présent, délégué) ayant fait des études de gestion et/ou de management pour réussir dans le football professionnel sans s’appuyer sur un responsable technique issu du milieu du football, souvent nommé directeur sportif, pour le conseiller et faire les choix relatifs au domaine sportif. Si Franck Kita avait des connaissances techniques suffisantes dans le football, on l’aurait remarqué depuis tout ce temps mais bien évidemment il ne suffit pas de s’intéresser au football – voire d’en être passionné – pour disposer de ces qualités : elles ne sont pas innées, elles s’acquièrent dans l’exercice du football et pas dans les universités ou les grandes écoles. Si le club a pu se maintenir en L1 une bonne partie de ces 18 années, c’est probablement dû au fait que la L1 comptait 20 clubs dont un bon quart avec un niveau largement en deçà des autres. Mais maintenant que la L1 ne compte plus que 18 équipes et que les droits TV ont été considérablement réduits, certains clubs ont dû se réinventer sinon revoir leur politique de recrutement pour pouvoir fonctionner et performer avec des moyens plus modestes. D’autres ont été incapables d’identifier leurs faiblesses pour les surmonter ou ont fait de mauvais choix – par incompétence ou obstination à reproduire les mêmes erreurs. Aussi quand on ne possède pas les compétences requises, il faut aller les chercher auprès de spécialistes, si on veut se donner un minimum de chances pour réussir. La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent (Einstein).