- Photo : Bruno Ignace Barbé
Pour sa quatrième journée de la saison 2026/2027, l’Arkema Première Ligue profite de la trêve des championnats garçons (en raison des rendez-vous internationaux) pour occuper les grands stades. Ainsi les filles du FC Nantes reçoivent-elles Montpellier au stade de la Beaujoire, où se sont rendus 9 085 spectateurs, selon le chiffre officiel.
Neuf mille spectateurs à la Beaujoire
Par ailleurs, le club tenant à manifester son soutien à la campagne Octobre Rose, destinée à sensibiliser les femmes sur le cancer du sein et à recueillir des fonds pour la recherche, les joueuses de Pierre-Alain Picard ont porté une tenue rose spécifiquement créée pour l’occasion. Cela n’empêche pas le public nantais de crier “Allez les Jaunes” tout le long du match sans vraiment réaliser qu’ils encourageant de ce fait le trio arbitral, qui lui est vétu de jaune.
Bloquée dans les dernières places du championnat avec un seul point au compteur, les Nantaises ont tout intérêt à décrocher leur première victoire afin de lancer leur saison. Face à elle, une solide équipe montpelliéraine, cinquième du classement, démontre qu’elle ne compte pas leur faciliter la tâche.
Les spectateurs les plus curieux s’étonnent à ce propos de ne pas reconnaître sur le panneau d’affichage le logo du Montpellier-Hérault. Le FC Montpellier est en effet depuis peu un club complètement autonome. Rachetée il y a tout juste un an par Crux Football, une société néo-zélandaise lancée dans le développement du football féminin, l’ancienne section féminine du MHSC vole désormais de ses propres ailes et sous sa propre identité. Elle suit l’exemple de l’OL Lyonnes, juridiquement séparée de l’OL même si elle en conserve l’héritage. Ces détachements peuvent donner matière à réflexion à d’autres sections féminines…
Des buts offerts par la VAR
Mais revenons au match. Autant l’écrire sans équivoque, la rencontre fut globalement ennuyeuse. Les vingt-deux joueuses se montrent très appliquées lorsqu’il s’agit de conserver le ballon, mais elles basculent dans l’à-peu-près dès lors qu’elles se lancent, chacune de leur côté, à l’offensive.
Avec peu d’actions dangereuses à se mettre sous la dent, le match aurait pu se terminer par un bon vieux 0-0. Heureusement, une récente invention du football moderne vient au secours des attaques inefficaces. La VAR, dont s’est équipée l’Arkema PL depuis le début de cette saison, a appelé l’arbitre en plusieurs occasions, dont deux pour signaler des fautes furtives qui ont donné lieu à des penaltys.
Ainsi à la demi-heure de jeu, l’équipe héraultaise ouvre le score sur un penalty accordé après consultation de la VAR. En début de seconde période (53’), les Nantaises égalisent par Madeline Roth, sur un autre penalty accordé après consultation de la VAR.
A part ça, pas grand-chose. Les Nantaises nous ont épargné le coup du but encaissé dans le temps additionnel, récurrent depuis trois rencontres et ont maintenu le score nul (1-1). Les filles de Pierre-Alain Picard n’ont toujours pas remporté la moindre victoire après quatre journées. Le petit point obtenu face à Montpellier leur permet de devancer Toulouse et Lens, mais la situation augure une saison difficile.
Le penalty des Nantaises en trois actes
- Photos : Bruno Ignace Barbé
3 Commentaires
Le début de saison est compliqué mais comment est il possible d’imaginer un autre début de saison avec un changement d’entraîneur et un turnover impressionnant fait de 17 départs et 14 arrivées.
Inutile de dire que l’amalgame va prendre un peu de temps pour se faire d’autant qu’il fallait affronter sur ces 4 premiers matchs de belles équipes.
Il semble que l’effectif est de taille à conserver sa place dans ce championnat et sans doute à produire devant un jeu plus fluide car pour l’instant les automatismes ne sont pas encore au rendez vous.
J’ai peut-être loupé quelque chose (HJ ou autre) mais pour moi il y a penalty sur Rouquet dans les dernières minutes. Les Nantaises ont au moins échappé à une déconvenue finale devenue habituelle lors de leur 3 derniers matchs. Défensivement ça va mais, sans solutions offensives, cette solidité risque de se déliter au fil des matchs (comme à Sainté samedi dernier). Il n’y a que Roth qui semble avoir le sens du but dans cette équipe (et elle finit les matchs au milieu du terrain …). Malgré la possession, nos attaquantes touchent le ballon beaucoup trop loin du but adverse et comme elles n’ont ni vitesse ni puissance … Le retour de Saoud (quand ?) pourra peut-être pallier ces lacunes mais sera-ce suffisant dans le match à 4 (Toulouse, Lens, St Malo et Nantes) qui se dessine pour le maintien ? Ça s’annonce très dur.
Après un début de saison encourageant contre 3 équipes qui visent 5 premières places (PFC, Fleury et le PSG), on pouvait s’attendre à enfin gagner contre l’ASSE (L2) en Coupe LFFP et/ou Montpellier en championnat. Au final, on n’a ramené qu’un nul et de manière assez laborieuse contre les joueuses de l’Hérault sachant qu’on a frôlé un 2nd pénalty en fin de match et donc la correctionnelle.
Le renouvellement à 90% de l’effectif laissait penser qu’il faudrait beaucoup de temps pour qu’une équipe performante se dégage de ce groupe incluant une majorité de joueuses étrangères. Pourtant les matchs de préparation, le match de Coupe contre le HAC et les 3 premiers matchs de championnat ont donné l’impression que les joueuses avaient déjà intégré les attentes du coach et seraient très vite compétitives, surtout contre des équipes moins huppées que les Parisiennes. Or, contre les Vertes en Coupe et là contre Montpellier, j’ai eu l’impression que l’équipe avait régressé. Les joueuses tâtonnent, manquent d’automatismes, de dynamisme, de vitesse… et au final se créent très peu d’occasions de but.
Ont-elles trop donné physiquement en début de saison ou ont-elles du mal à appliquer les consignes du coach en cours de match ? Pourquoi Imane Saoud qui est revenue de la CAN et s’entraine avec ses coéquipières, ne figure toujours pas sur la feuille de match ? Serait-elle en instance de départ ou Picard ne compte plus sur elle, à moins qu’elle soit à court de forme ? Pourtant, s’il y a un secteur peu fourni qualitativement, c’est bien l’attaque.
Maintenant, le coach et les joueuses vont pouvoir mettre à profit 2 petites semaines pour continuer à progresser collectivement avant d’affronter les Malouines qui leur avaient donné du fil à retordre en Coupe LFFP. Il faudra sans doute être très patient avant de voir cette équipe performer…si elle en a les moyens, bien sûr. Wait and see.