- Photo : Richard Coudrais
L’équipe de France a ses habitudes à Nantes. Elle y a joué dix rencontres, ce qui fait de la Cité des Ducs la troisième ville de province à avoir le plus souvent accueilli les Bleus, derrière Marseille (18) et Lyon (12).
Quatre matchs à Saupin
Avant la Beaujoire, il y avait Saupin. Quatre fois l’équipe nationale s’est rendue au stade de Malakoff pour y recevoir ses adversaires. En 1957, c’est l’Islande qui vient prendre un sévère 8-0 contre des Tricolores en verve, parmi lesquels Jean Vincent, auteur de deux buts et ne se doutant probablement pas qu’il joue dans un stade où il connaîtra ses plus grands succès d’entraîneur.
Dix ans après, en octobre 1967, c’est la Belgique qui vient s’opposer aux hommes de Louis Dugauguez en éliminatoires du championnat d’Europe 1968. 14 591 spectateurs assistent à un match nul (1-1) au cours duquel le jeune Henri Michel, vingt ans, honore sa deuxième sélection.
En novembre 1971, l’équipe de France reçoit la Bulgarie pour un nouveau match éliminatoire du championnat d’Europe. Les 9 405 spectateurs sont venus voir Henri Michel et Bernard Blanchet, dans une équipe tricolore qui s’impose (2-1).
Enfin, en septembre 1975, l’équipe d’Islande revient à Saupin pour un nouveau match éliminatoire du championnat d’Europe. Henri Michel, brassard de capitaine au bras, est le seul Canari parmi les Bleus de Ștefan Kovács, qui l’emportent 3-0.
La Beaujoire sous le soleil
C’est un match France-Autriche, en mars 1984, qui aurait dû inaugurer le stade de la Beaujoire, construit dans la perspective de l’Euro 1984. Mais les retards de travaux conduisent à déplacer la rencontre amicale à Bordeaux. C’est le FC Nantes qui se charge d’inaugurer son nouveau stade de 52 000 places le 8 mai 1984 avec un match contre l’équipe de Roumanie. Ce report n’est que partie remise, puisque le calendrier de l’Euro 1984 prévoit que la France vienne jouer un match à Nantes contre une redoutable équipe de Belgique.
Ce 16 juin 1984, un soleil inonde le stade flambant neuf. Une équipe de France inspirée par un Platini des grands jours écrase la Belgique 5-0 au terme d’un ballet de toute beauté. Maxime Bossis est le seul Nantais du 3-5-2 inventé par Michel Hidalgo. Les 51 359 spectateurs scandent son nom quand la France obtient un pénalty puis lancent quelques sifflets quand Thierry Tusseau entre en jeu au cours de la seconde période. Dans le camp d’en face, l’expérimenté Frankie Vercauteren passe à côté de son match, comme le reste de son équipe.
Lors des saisons suivantes, le FC Nantes s’approprie la Beaujoire tandis que le XV de France vient y écrire son histoire, tout comme les groupes Genesis, Pink Floyd, Dire Straits et U2 qui s’y produisent dans des concerts mémorables. Le nouveau stade nantais doit attendre onze ans avant de retrouver l’équipe de France de football.
Capacité réduite
La capacité du stade est réduite à 38 000 places assises et l’enceinte hérite du nom de l’ancien président Louis Fonteneau décédé en 1989. En avril 1995, l’équipe de France vient y rencontrer la sélection de Slovaquie dans le cadre des éliminatoires de l’Euro 1996. Quatre joueurs nantais figurent dans le groupe de l’équipe de France mais un seul, Patrice Loko, est sur le terrain. Devant 26 000 spectateurs, l’équipe d’Aimé Jacquet s’impose 4-0.
Quand l’équipe de France revient à la Beaujoire en août 2001, il s’agit de la meilleure équipe du monde, détentrice du titre mondial depuis 1998 et championne d’Europe depuis 2000. Malgré la présence des Zidane, Henry, Barthez et Pirès, la victoire face au Danemark se limite au strict minimum (1-0) devant 37 548 spectateurs. Éric Carrière étant forfait sur blessure, aucun Nantais n’est sur la pelouse.
Les Bleus reviennent en octobre 2007 dans un stade qui ne reçoit alors plus que des rencontres de Ligue 2. L’équipe de Lituanie a beau porter les couleurs jaunes et vertes, c’est l’équipe de France qui reçoit les encouragements du public, notamment deux enfants du 44 et de la Jonelière, Mickaël Landreau et Jérémy Toulalan, envolés depuis sous d’autres cieux. Thierry Henry inscrit un doublé et devient le meilleur buteur de l’histoire des Bleus.
Six matchs, six victoires
Trente-deux ans après l’Euro 1984, la France organise à nouveau un Championnat d’Europe en 2016, mais la ville de Nantes a choisi de rester à l’écart, jugeant trop élevées les exigences de l’UEFA. La Beaujoire accueille néanmoins un match de préparation des Bleus face au Cameroun le 30 mai 2016. Un retour aux sources pour le sélectionneur Didier Deschamps, mais aussi pour l’attaquant Dimitri Payet, qui inscrit le but de la victoire (3-2) sur un somptueux coup franc.
En 2019, l’équipe de France revient à Nantes pour y affronter un adversaire inédit, la Bolivie. L’occasion pour le public nantais d’assister à la première sélection d’un ancien pensionnaire du centre de formation, Léo Dubois, qui joue depuis à Lyon. Les Français l’emportent 2-0.
La rencontre du 4 juin 2026 contre l’équipe de Côte d’Ivoire est le onzième match de l’équipe de France à Nantes et son septième à la Beaujoire. Elle y compte six victoires en six matchs, avec dix-sept buts inscrits pour deux concédés. Didier Deschamps aura dirigé trois fois l’équipe de France dans le stade de ses débuts de joueurs pro et trouvera face à lui un Nantais pure souche : Emerse Fae, aujourd’hui sélectionneur de la Côte d’Ivoire.
Sur le web
- Lire l’article « Louis Fonteneau, un stade dans l’histoire des Bleus » sur le site Chroniques Bleues.
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