Que dire ? Honnêtement, comment traiter de ce type de prestation à l’écrit ? Comment rendre vivant aux yeux des lecteurs et lectrices, un spectacle inanimé ? Doit-on évoquer un but « chanceux » des Gones ? Appuyer sur le manque de réussite apparent côté Canari ? Ou bien sermonner le manque d’ambition d’un groupe, d’un coach, d’un club alors que l’opposant du soir a été contraint de jouer à 10 contre 11 pendant près de 40 minutes ? En effet, quel angle adopté ? Il y a si peu d’éléments à décrypter et/ou analyser dans les matchs du Football Club de Nantes. Tentative de récit d’une énième mauvaise soirée.
Balbutiements offensifs
Car oui, en ce samedi 7 février 2026, au Stade de la Beaujoire Louis Fonteneau, le FC Nantes a de nouveau livré un match calamiteux. Un match sans allant offensif, sans folie. Un match ponctuée de quelques rares occasions qui ne furent finalement que des pieds de nez à l’égard des infimes espoirs subsistant encore chez certains supporters et supportrices des Canaris. Abline, Guirassy, Kaba et El Arabi auront essayé, en vain. Ce dernier, remplaçant au coup d’envoi, aura montré comme déjà à de nombreuses reprises depuis le début de la saison, qu’il se donne sur un terrain. Lorsqu’il a suppléé M. Mohamed en seconde période, la différence s’est tout de suite ressentie. Plus de présence dans le jeu, plus incisif sur les rares ballons obtenus dans la surface. Mais jamais cela n’aura suffi. L’attaque nantaise a été trop stéréotypée, trop peu accompagnée.
Dans l’accompagnement et le déploiement d’offensives percutantes, les pistons ont un rôle essentiel. Ils permettent de créer des espaces, d’offrir davantage de solutions au porteur du ballon et ainsi de déstabiliser les blocs défensifs adverses. Or, dans le cas nantais, il semble que les pistons ne remplissent pas ce rôle. Centonze d’un côté et Tabibou de l’autre n’auront su mener à bien leur mission de couloir. Si le second a fait un match honorable en cadenassant Endrick, il aura assez peu apporté sur les phases d’attaque. Difficile de lui en vouloir cependant, ce poste n’étant pas le sien. A l’opposé, Centonze ne s’est pas démarqué non plus. Malgré tout, 29 centres auront été effectué par les Jaune et Vert, soit une statistique a priori positive. Néanmoins, elle ne l’est que si la multiplication des centres se concrétise par de réelles occasions. Ce ne fut pas le cas. La problématique des centres est un réel problème dans cette équipe, mais elle fait partie d’un tout plus global.
Ce tout englobe notamment le peu de prétentions offensives de cette équipe. Le jeu prôné n’incite pas aux mouvements vers l’avant, il n’invite que trop peu de fois les joueurs à quitter leurs zones respectives. Il est bien trop statique et théorique, il n’admet aucun aléa. Et cette absence de souplesse aboutit à une rigidité qui voue à l’échec toute tentative de créativité. A ce propos, Cabella, un joueur plutôt très à l’aise techniquement, n’aura su se déplacer dans les espaces et casser des lignes par des passes inspirées. S’il est sur la fin de sa carrière, il n’est pas anormal d’attendre plus d’un joueur comme lui. C’est un profil qui manquait à ce collectif. Il doit faire plus, notamment sur le plan mental. Lors de ses premiers matchs, il avait indiqué être venu au FC Nantes pour accompagner les jeunes et apporter son expérience. En définitive, cela se reflète assez peu sur le terrain.
Pas de leader, pas de révolte
Ce qui est en effet assez désolant au visionnage des rencontres des Jaune et Vert, c’est bien le peu d’émotions qui se dégagent de cette équipe. En dehors des rares buts inscrits ces derniers temps, il y a peu de moments où les joueurs expriment leur motivation, leur envie ou leur frustration. Au contraire, ils ont chacun l’air refermé sur eux-mêmes et apathiques. Ils semblent subir sans ne rien pouvoir faire. Pour ces raisons, Amian et consort ne sont également pas en mesure de laisser émerger un grain de folie dans leur jeu. Ils sont bien trop conformistes. Par peur de faire une erreur ? Par peur de perdre ? Mais voyons les gars, quand son équipe est menée 0-1 et qu’elle est dans une telle situation dans le championnat, pourquoi continuer d’avoir peur ? La descente est proche mais elle peut être freinée.
Aussi, la réaction d’Abline en fin de match, assis par terre, le menton dans le t-shirt et le regard vitreux traduit un état d’esprit. Celui de garçons abattus. Abattus car impuissant. Abattus car incapable de réitérer la performance face à Marseille. Et pourtant le scénario du match avait, comme face à l’OM, tourné en faveur de Nantes avec l’expulsion d’Endrick pour une vilaine faute sur Tabibou, sorti sur civière. Mais malgré près de 45 minutes à 11 contre 10, jamais le FC Nantes n’a paru mettre les bouchées doubles pour assiéger les cages du solide Dominik Grief. En tant que supporter, ces moments sont d’un niveau de frustration sans pareil. Comment comprendre que, face à une formation lyonnaise qui enchaîne les matchs et qui se retrouvent à 10 à l’heure de jeu, l’équipe nantaise ne mette pas de la folie dans son jeu, que ce soit par des dribbles, des lancements dans la profondeur répétée ou des combinaisons collectives. La peur d’un second but adverse prend t-elle entièrement le pas sur la volonté d’égaliser ?
L’enjeu pour cette équipe s’est de se mobiliser ensemble. Or, aucun leader ne se détache réellement pour rassembler. Les joueurs n’ont pas nécessairement l’air divisé mais ils semblent juste absents. Si Amian peut sûrement être un bon leader, il ne remplit pas ce rôle. Jamais ne l’a-t-on vu aller encourager ou bouger un de ses coéquipiers pour le remettre dans le match. Sans doute le fait-il dans l’intimité des vestiaires mais dans les moments cruciaux de certains matchs, lui ou un autre devrait pousser pour créer un élan. Supporters et supportrices peuvent parfois avoir ce rôle, celui du 12ème homme/femme comme dit. Mais rien ne remplacera la parole d’un capitaine à l’égard d’un de ses coéquipiers. Pourtant habitués à jouer ensemble très régulièrement, la communication est défaillante chez et entre les joueurs. Une remobilisation est cruciale.
Et maintenant, que faire ?
Après 21 journées (sur 34), le FC Nantes se retrouve désormais 17ème du championnat à un tout petit point de la lanterne rouge, le FC Metz. En comptant 14 points à cette période de la saison, les Jaune et Vert font pire que Montpellier l’année dernière, c’est dire. Pour ne rien arranger par ailleurs, Nantes pointe à -18 en matière de buts encaissés. Un total très inquiétant et qu’il sera impossible de combler. A la différence des années précédentes, chacune pourtant pareillement lamentables, le club ligérien n’est pas en mesure de glaner des matchs nuls par ci par là. Cela l’avait sauvé les saisons antérieures. Ce ne sera pas le cas dans le cadre de l’exercice 2025-2026. Alors maintenant, que faire ?
Faut-il se résigner et jouer libérés du côté des joueurs ? Faut-il insister avec un coach qui, s’il n’est sans doute pas le problème principal, n’a clairement pas les moyens ou les compétences pour relever cette équipe ? Se laisser couler ou se battre ? La saison est gâchée depuis un moment mais elle peut encore offrir des moments quelques peu enthousiasmants à ses supporters et supportrices.
De complexes il ne doit plus y avoir sur le jeu a prôné. Faites régner l’incertitude sur vos adversaires, jouez comme vous le savez ! Pressez, désorganisez, semez la panique dans les blocs adverses. Ressaisissez-vous de ce qui a fait de vous des joueurs professionnels. La Beaujoire n’attend que de pouvoir vous accompagner et célébrer avec vous. Jouez au moins pour vous, prenez du plaisir ! Le football est votre métier mais il est avant tout un sport fabuleux. Croyez-y à nouveau, nous serons là.
Allez Nantes !
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