Que la saison est longue … 7 journées il reste aux Nantais pour se sortir d’une très mauvaise situation. En novembre dernier déjà, cela avait commencé à sentir le roussi lors de la défaite 0-2 à domicile face aux Messins. Après avoir réalisé une partie de football rocambolesque et enthousiasmante face à l’AS Monaco quelques jours auparavant, les Nantais avaient été totalement absents des débats face à l’équipe qui occupait alors déjà la dernière place du classement. Comme trop souvent ces dernières saisons, le FC Nantes se montre fébrile face à ses concurrents directs. Les rares rencontres plutôt agréables de cet exercice 2025-2026 ont eu lieu contre des adversaires de gros calibre (Monaco, Marseille, Strasbourg …). Face à ses « pairs », Nantes semble toujours en difficulté. Et leurs adversaires d’exploiter cette peur qui plane autour du club canari.
Mission commando en péril
Aussi, ce dimanche, les coéquipiers d’Anthony Lopes s’en sont sortis miraculeusement avec le point du nul. Réduits à 10 après l’expulsion directe de Tylel Tati, les Nantais ont failli voir se répéter le scénario des fins de match vécues à Lille et contre Strasbourg lors des journées précédentes. Heureusement, la VAR a permis au FC Nantes de repartir de Lorraine avec un tout petit point. Ce dernier permet tout de même de garder 3 longueurs d’avance sur l’adversaire du weekend et de ne pas se faire distancer une bonne fois pour toute par l’AJ Auxerre.
La mission de Vahid Halilhodzic s’annonce encore plus ardue qu’elle ne l’était déjà avec ce résultat nul. Déjà mal embarqués, les Canaris pouvaient revenir à 2 points d’Auxerre en cas de victoire. Avant de les affronter le weekend prochain, cela aurait été une bonne opération. Au lieu de cela, Abline et consort stagnent toujours à 5 points des bourguignons, pourtant dans une situation bien plus complexe en début d’année. Certes, le FC Nantes a un match en retard. Mais face à un PSG en pleine bourre, il y a peu à espérer de cette rencontre au Parc des Princes.
Par ailleurs, les hommes du technicien bosnien seront opposés lors des 4 dernières journées à Rennes, Marseille et Lens, des clubs avec de forts enjeux en cette fin de saison. Prendre des points face à ces équipes ne sera donc pas chose aisée. Une ou deux petites surprises ne feraient pas de mal aux supporters et supportrices nantais cependant.
Ô sainte fébrilité
L’une des constantes du FC Nantes lors de ces dernières saisons, c’est sa capacité à encaisser des buts dans le dernier quart d’heure de la rencontre, voir dans le temps additionnel. Preuve d’une fébrilité défensive importante, cela démontre aussi parfois une certaine suffisance. Face au FC Metz ce weekend, cela a encore été le cas. Si la VAR n’était pas intervenue, les messins auraient remporté le match dans les derniers instants de la rencontre.
A Lille, puis il y a deux semaines à domicile face à Strasbourg, les Canaris s’étaient inclinés sur le tard de manière assez cruelle. C’est vers le manque de chance que notre cerveau nous pousse à trouver les raisons de ces scénarios. Pourtant, quand ces derniers se répètent aussi souvent, il est probable que la cause des maux d’une équipe se trouve autre part. C’est avant tout une faiblesse collective ancrée dans un manque de confiance absolu dans la capacité d’une équipe à gagner un match. Or, cette faiblesse est facilement exploitable par les adversaires. Conscients de la peur qui s’installe dans les esprits des joueurs jaune et vert en fin de match, les équipes adverses n’ont qu’à intensifier leur pressing. Elles savent qu’elles n’auront face à eux qu’une faible opposition. Il est alors aisé de faire rompre un mur qui se craquèle avant même d’être assailli.
De l’importance du mental et de la confiance
Dans des articles précédents, nous avions déjà évoqué l’aspect mental et l’importance qu’il revêt dans le football comme dans le sport de manière générale. Celui-ci transforme des joueurs, ou en tout cas leur permet d’étaler leur plein potentiel. Aussi, lorsqu’un joueur se trouve en confiance et qu’il prend du plaisir à jouer, le football semble plus simple. Pour témoigner de cela, il suffit de regarder la manière dont jouent les Canaries de Nicolas Chabot. Elles sont décomplexées, confiantes de leur capacité. Cela se ressent sur le terrain. L’osmose peut s’observer. Et cela n’est pas sorcier.
Construire un groupe n’est certes pas une chose évidente. Il n’existe pas une méthode parfaite. Cependant, il existe certainement des paramètres essentiels à mettre en œuvre. En Equipe de France, Didier Deschamps s’est distingué comme l’un des tous meilleurs sélectionneurs du monde par sa faculté à bâtir des équipes fiables et avec un collectif fort. La cohésion est forte et ce malgré une concurrence à chaque poste. Le groupe est dirigé et motivé à atteindre un même objectif. A Nantes, entre les changements d’entraîneurs, le recrutement incessant de joueurs – souvent prêtés – et l’absence d’un projet sportif, les conditions ne sont pas réunies pour construire un collectif.
Le roulement d’entraîneur a été l’une des caractéristiques principales de l’ère Kita. Plus d’une vingtaine de techniciens sur le banc jaune et vert depuis l’arrivée aux manettes de l’industriel franco-polonais en 2012. Cette saison : 3 entraîneurs différents. Ahmed Kantari et Vahid Halilhodzic font offices de « pompiers de service ». Cette catégorie de coachs à laquelle leurs 2 profils sont assimilés trahis souvent un club en panique. Car le réflexe dans les cas désespérés ou du moins mal engagés est de faire appel à ces dits spécialistes de missions commandos. Des entraîneurs dont les compétences vantées sont souvent la discipline et la force de caractère. Autrement dit, des « mecs » qui ne lâchent pas pour remobiliser des « mecs » qui ont lâchés. Est-ce la solution ?
Mauvaise gestion de crise
Parfois, peut être que cela peut fonctionner. Peut être qu’adopter cette approche, au contraire, c’est se fourvoyer sur le résultat attendu. C’est ne pas comprendre les maux de son effectif, de son club. Car finalement, c’est, de manière assez simple, penser qu’en disant aux joueurs « Vous pouvez le faire si vous vous bougez ! On va redoubler de travail, faire plus de physique et vous serez à nouveau des gaillards sur le terrain » tout changera du jour au lendemain, qu’ils retrouveront de l’allant. Or, la clé n’est pas nécessairement dans le discours. Le déclic n’appartient pas forcément à l’entraîneur également. Mais elle peut se trouver dans le jeu et donc être la responsabilité de ce dernier.
Croire au jeu ! Car par le jeu, les joueurs peuvent retrouver leur confiance. Ils peuvent reprendre du plaisir sur le terrain et avec leurs coéquipiers. Trop souvent, le football n’utilise pas l’ensemble des clés qui se trouvent à sa disposition. Le football est hautain à certains égards. Or être hautain, ne pas se remettre en question, n’a jamais permis d’avancer. A l’inverse, cela contribue à s’enfoncer puisqu’au fond, le football se doit avant tout d’être une affaires de gars et de filles qui prennent et donnent du plaisir. C’est un métier certes, mais un métier qui doit rester une passion.
Aussi, pourvu que lors des 7 dernières rencontres, Vahid donne comme simple consigne à ses joueurs de s’amuser, de jouer libéré. Il est peut-être trop tard mais alors ça ne vaut pas le coup de se morfondre davantage. Retrouvons le football plaisir !
Allez Nantes !
2 Commentaires
Petite erreur : W. Kita a racheté le club en août 2007 et non pas en 2012.
Pour le reste, oui, effectivement, les performances désastreuses des Canaris cette saison s’expliquent, à n’en pas douter pour une bonne part, par l’état d’esprit des joueurs sur le terrain. Malgré un effectif qui, sur le papier (mis à part une demi-douzaine qui n’ont assurément pas le niveau L1), n’est pas si mauvais et que d’autres clubs au budget limité apprécieraient d’avoir à leur disposition, force est de constater que la mayonnaise ne prend pas et ne prendra sans doute jamais.
Contrairement à d’autres clubs modestes de L1 disposant de joueurs peu connus dont la valeur marchande moyenne est proche de 500 000 euros, la famille Kita a recruté récemment des joueurs qui ont fait leur preuve sur les terrains de L1 et/ou d’autres championnats d’un niveau équivalent.
Mais une partie du problème trouve justement son origine dans le fait que ces joueurs ayant déjà fait leurs preuves, n’ont plus rien à prouver en signant au FCN. Alors qu’à Auxerre, au HAC, à Lorient, Angers et dans bien d’autres clubs, les joueurs recrutés ou issus de la formation ont tout à prouver pour gagner leur place et la conserver, voire attirer des clubs plus ambitieux lors du prochain mercato.
Au FCN, l’ambition de nombreux joueurs se limite parfois à gagner sa place de titulaire grâce aux promesses affichées à l’entrainement. Pour d’autres, le fait de percevoir un salaire correct, sans plus, semble suffire à leurs aspirations en attendant un autre projet avec des conditions similaires ; jouer au moins 60 minutes chaque week-end ou cirer le banc ne semble être secondaire pour ceux là (d’où la réputation de club Med).
Cet état de fait a mis en évidence plus que jamais, pour ceux qui en doutaient encore depuis leur arrivée sur les bords de l’Erdre, l’incompétence crasse des Kita et cette saison plus que les autres, celle du fils en tant que directeur général faisant office par défaut de directeur sportif. Comme s’il suffisait d’attendre le mois de janvier pour recruter des joueurs compétitifs pour la L1 et surtout de les choisir sans se soucier des besoins réels poste par poste, de leur complémentarité et du projet de jeu du coach…
Bien évidemment, s’en remettre dans ces conditions à Vahid ou à l’un des meilleurs coachs européens en exercice qui accepterait de venir (ils sont devenus très rares), relève de la mission quasi impossible.
On récolte ce que l’on sème… Mais ce sont les supporters nantais qui trinquent depuis trop longtemps et qui ne voient pas la fin de leur calvaire. Vivement que cette saison se termine même si la prochaine doit se vivre en L2 !!!
toujours les mêmes discours d après match depuis le début de saison » faut se réveiller , faut se bouger etc etc etc « . Mais rien ne change de match en match ; la saison est en cours est une nuit sans fin , pleine de cauchemars , de désillusions , d espoirs envolés , peuplée d un monstre nommé Kita . On est au fond du caveau direction ligue 2 et le match prochain sera la mise en terre , à laquelle j assisterais car le FCN est un ami de longue date et il est toujours mieux d être présent à son enterrement même si ça nous déchire le coeur