- Photo : capture YouTube. Vidéo : FC Nantes.
Tout part de l’arrière. La gardienne Emily Burns donne le ballon sur sa gauche à Nelly Rodrigues. La défenseure contrôle puis sort de la surface avant de glisser le ballon à Imane Saoud qui se tient sur la ligne latérale. D’une touche de balle, l’internationale marocaine élimine deux adversaires et sa déviation trouve Mariam Toloba. La Belge lui remet instantanément, d’une touche de balle également, en passant le ballon derrière sa jambe d’appui.
A une touche de balle
Pressée par une adversaire, Imane Saoud pousse le ballon d’un pointu en retrait vers Melissa Bethi. L’Algérienne poursuit le ballet à une touche de balle. Le ballon passe par Julie Rabanne qui dévie vers Julie Swierot, proche du rond central. La Lyonnaise, prêtée à Nantes, laisse rouler le ballon puis lance en profondeur Lucie Calba qui a fait l’appel entre deux défenseuses.
A l’entrée de la surface, l’attaquante nantaise élimine la gardienne d’un crochet et d’une frappe du droit, glisse le ballon dans les filets malgré le retour des deux défenseuses.
C’est le troisième but nantais de l’après-midi, inscrit juste avant la mi-temps. L’arbitre d’ailleurs renvoie les jeunes filles aux vestiaires sans même procéder à l’engagement. Les tribunes du stade de la Meinau sont clairsemées, mais le soleil est là, radieux, pour accompagner le ballet des joueuses de Nicolas Chabot.
Un but en plein cœur
En revoyant les images, on entend presque le « C’est fa-bu-leux ! » éructé par le regretté Thierry Gilardi après la chorégraphie exécutée par Loko et Pedros un soir d’été à la Beaujoire. Déjà, le premier but, à la onzième minute, valait le coup d’être revu. Une contre-attaque éclair, un centre à ras de terre exécuté de l’extérieur du pied droit par Mariam Toloba, une reprise impeccable de Zoï van de Zen qui exécute la gardienne d’un magnifique tir croisé.
Mais le chef-d’œuvre allait venir trente-huit minutes plus tard, au bout du bout du temps additionnel de la première mi-temps. Dix-huit secondes de magie, un enchaînement de passes à une touche de balle, de véritables passes, utiles, nécessaires, non pas pour conserver le ballon mais bien pour le faire vivre, des passes destinées à créer le décalage et à éliminer l’adversaire, puis à trouver l’ouverture là où la défense l’attend le moins, en plein cœur.
Oui, le cœur, comme celui que forme avec ses mains la buteuse Lucie Calba pour célébrer l’action lumineuse de son équipe. Plus que jamais, les joueuses du FC Nantes ont fait honneur au maillot qu’elles portent, à l’histoire qu’elles perpétuent. Plus que jamais, le jeu collectif reste une affaire nantaise.
1 Commentaire
Et pourtant, la plupart des joueuses présentes sur le terrain lors de l’action du 3ème but, ne font partie de l’effectif que depuis 2 ans en moyenne, certaines à peine plus et d’autres seulement depuis le début de saison. Les deux seules joueuses formées à la Jonelière (Robillard et Mossard) n’étaient pas encore entrées en jeu à ce moment là.
Cela montre que sous les ordres d’un coach sensibilisé au « jeu à la nantaise » et souhaitant s’en inspirer, on peut faire adhérer et performer en un temps record un groupe de joueurs(ses) venus d’horizons divers mais sélectionnés sur des critères – tout sauf quelconques (profils particuliers, complémentarité, sens du collectif, intelligence du jeu…) – alors que « certains dirigeants » pensent qu’il suffit d’empiler des profils quelconques (un mix de profils plutôt physiques complétés par quelques joueurs plus techniques) et de s’en remettre à un coach plus ou moins expérimenté, avec une vision du football trop souvent aux antipodes de celle des formateurs et coachs qui ont fait la renommée du FC Nantes.