A Nantes, le jour de la déchéance est peut-être arrivé. Parce que les supporters en ont bien trop vu pour comprendre que cette équipe n’en fait pas assez. Ils savent par ailleurs que l’issue de la rencontre du jour, face au Havre, pourrait presque déjà condamner les Canaris à la descente en Ligue 2. Alors qu’ils ne sont plus au soutien de l’équipe plutôt sifflée qu’encouragée, ils mènent ensemble un combat contre ceux qui représentent le club. C’est dans ce climat que le FCN va disputer une rencontre charnière dans sa quête de survie. Un tournant de sa saison pour sûr, mais puisque l’on parle de relégation, probablement aussi de son histoire.

Le match de la dernière chance ?

Cela peut sembler prématuré de se positionner au sujet d’un collectif qui n’a pourtant rien montré depuis le début de l’exercice. Pourtant, après ce match contre le 13e du championnat, les Canaris pourraient se retrouver aussi loin du compte au classement qu’ils ne le sont depuis août dernier sur le terrain. Avec en cas de défaite, un possible retard de six points sur l’AJ Auxerre, 16e et barragiste provisoire. Un fossé au vu du bilan comptable des Nantais (14 points, 3 victoires). Une nouvelle glissade, la sixième de suite en championnat qui serait alors un record, condamnerait donc officieusement le FC Nantes à la dérive, la troisième de son histoire. Les chiffres ne vont pas dans le sens des Jaune et Vert puisqu’aucune équipe comptant 14 points après 22 journées n’est parvenue à se maintenir depuis la saison 1994-1995 et l’instauration de la victoire à 3 points.

La preuve que si l’on peut croire que la messe se prononce en ce jour dominical, elle a certainement déjà été dite. Une sentence que les supporters du FCN ont semble-t-il comprise et acceptée. Au point contraire des saisons précédentes, c’est à souligner, depuis plusieurs matchs, d’abandonner et d’accabler cette équipe, une direction qui traîne l’institution dans la médiocrité et une stratégie globale couronnée par une minable saison. Avec un entraîneur en place détenteur du pire nombre de points par match sous l’ère Kita (0,43). Le passage de Luis Castro, qui aura autant manqué de succès que de temps et d’argent, a eu pour suite la nomination d’un homme aux antipodes de son prédécesseur et d’un mercato certes estampillé Ligue 1, hélas bien plus par les CV qu’autre chose.

L’union pour la désunion

La déception du peuple nantais se trouve d’abord dans la chute d’un projet pourvoyeur d’espoir. La frustration, elle, se niche dans l’accumulation des saisons ratées mais tout juste sauvées parce qu’il y avait toujours pire que Nantes. Cette saison, marquée par la crise des droits TV, devait récompenser les ingénieux. Elle a logiquement sanctionné le club octuple champion de France. Poussant les plus fidèles à se rejoindre tous ensemble dans la volonté de ne plus vouloir visionner les matchs, de ne plus se rendre au stade. D’un club historique, oui, mais dont les lettres de noblesse appartiennent au passé. Que vaut alors l’antériorité face à 20 ans d’erreurs et d’incohérence, qui ont pénalisé le FC Nantes plus que quiconque ? Celui-ci a perdu le droit d’exister là où il se trouve, d’être reconnu à une valeur qu’on veut lui attribuer. Cela porte un terme. C’est ce que l’on appelle la déchéance.