• Photo : Richard Coudrais

A l’occasion des Journées du patrimoine et du matrimoine, l’Étoile du Cens propose de parcourir son histoire à travers une exposition qui se déroule à la Maison de quartier La Mano, à quelques pas du stade de l’Amande. L’événement sera ouvert le samedi 19 septembre à partir de 11h30, en présence de représentants de la mairie de Nantes, du district de Loire Atlantique et de la Ligue Atlantique. Le président Marcel Moreau, mémoire vivante du club, nous raconte quatre-vingt ans d’histoire.

L’Étoile du Cens a vu le jour peu de temps après le FC Nantes…

Oui, le club a été créé en 1945. C’était un patronage dans lequel on pratiquait la gymnastique, le volley-ball, le basket-ball, le football. On y faisait également de la musique puisqu’il y avait une clique. Le club s’est développé, mais à partir des années quatre-vingt, il ne restait plus que le foot et le basket. D’ailleurs, sur notre ancien terrain au 24 route de la Chapelle, à côté des vieux vestiaires, il y avait le terrain de foot et l’aire de basket avec les panneaux. En gros, le foot, c’était pour les garçons et le basket pour les filles. Mais le basket a à son tour disparu.

Dans les années 1980, on avait également une bonne équipe vétérans. Ce n’était pas que des anciens joueurs du club, c’était surtout les gens du quartier qui se retrouvaient autour d’un ballon. Les vétérans, ça a toujours été important au club. C’est pour ça qu’ils sont mis en avant dans notre exposition. Mais nous n’avons plus d’équipe vétérans depuis 2013.

Aujourd’hui, l’Étoile du Cens n’est plus qu’un club de foot ?

Oui, il ne reste que le football. On a connu de grandes années. L’équipe première a joué une saison en Division d’Honneur en 1979/1980. L’entraîneur de l’époque était Jean-Claude Baudouin, qui entraînera ensuite au FC Nantes. On est resté au niveau régional jusqu’à la fin des années 1990. On a également développé les jeunes et on en avait beaucoup au niveau régional. En 1989, on a joué les 64e de finale de la Coupe de France contre Saint-Lô, une équipe de troisième division. 

Ensuite, le club a changé de terrain…

On avait pas mal d’équipes, une bonne vingtaine, et notre terrain au 24 route de la Chapelle ne suffisait plus. La ville de Nantes a créé une plaine de jeux avec un terrain gazonné et un stabilisé (NDLR : le stade de l’Amande au 112 route de la Chapelle-sur-Erdre). L’Étoile du Cens est le club résident, mais d’autres clubs l’utilisent ponctuellement, pour l’entraînement ou les matchs. On n’avait pas lâché l’ancien terrain. On a demandé à la mairie de le transformer en synthétique. On s’est battu de longues années mais on n’y est jamais parvenu. Pourtant, l’organisme Cité-Foot, qui regroupait les clubs nantais, militait pour développer le synthétique. En 2001, la mairie refait les vestiaires du vieux terrain. Tous les vieux bâtiments ont été détruits. On a organisé le Téléthon avec l’école primaire de la Chauvinière. On a fait un lâché de ballons. On en a également profité pour faire un concours et créer le logo du club. 

Le club a disparu des radars pendant quelques années…

Au début des années 2000, le club rencontre des difficultés. On manque de dirigeants, alors la Mairie nous pousse à fusionner avec le FC Nord-Loire, qui avait un grand nombre de dirigeants, mais pas d’équipes de jeunes, que des équipes seniors. C’est devenu l’Union Sportive Cens-Nord et on a adopté un maillot grenat. Ça a duré trois ans. On a décidé de redevenir l’Étoile du Cens et de reprendre nos tenues historiques bleues et blanches. Sportivement, on a quand même dégringolé. L’équipe seniors est descendue en PH puis au niveau départemental. Mais on avait toujours du monde chez les jeunes. En 2010, on recrute Nicolas Haguet comme responsable technique. C’est un ancien joueur du club qui a décroché le BEF (Brevet d’entraîneur de football). On lui adjoint Jessy Serrier que l’on forme au BMF (Brevet de moniteur de football). A eux deux, ils ont monté le staff technique pour encadrer les jeunes. Nicolas dirige également l’équipe seniors qu’il fait remonter en promotion de première division.

En 2016, le terrain stabilisé a été transformé en synthétique. Les locaux du stade de l’Amande sont devenus le siège du club. L’ancien terrain a été récupéré par le diocèse. Aujourd’hui il n’y a plus de terrain, il n’y a plus rien. Il n’y a plus que des habitations. 

Quand Nicolas et Jessy sont partis après le Covid, on a recherché un nouvel éducateur. On a rencontré quelques difficultés à tel point qu’aujourd’hui on n’a plus d’équipes seniors. Mais il nous reste les jeunes pour repartir sur de bonnes bases. Tous les ans, on organise un tournoi U9 avec entre seize et vingt-quatre équipes, le challenge Yvan Chouet du nom de l’ancien président disparu en 2020. On organise également un tournoi U14 au mois de juin. 

En 2020, on avait une bonne équipe U14 au niveau régional. Ils ont continué ensemble en U15, U16, U17 et aujourd’hui, on les retrouve en U19 au niveau régional. On a également créé une section féminine en U15. On a reçu en 2024 un label de la FFF pour les féminines, qui court jusqu’en 2027. On a également, depuis 2021 le label Jeunes de la FFF, qui a été renouvelé jusqu’à 2028. En 2020, le nombre de licenciés était autour de 300. Il est monté jusqu’à 400 mais il est ensuite retombé. On est à 250 aujourd’hui. On reste en recherche de jeunes joueurs.

On a formé de bons jeunes. Prosper Peter, qui joue actuellement au SCO Angers, a été formé chez nous jusqu’en U13, tout comme son frère Joseph qui est désormais au Stade Rennais. Imrân Louza (NDLR: international marocain passé au FC Nantes, aujourd’hui à Panathinaïkos) est aussi passé chez nous de même que Gamil Abdourazakou qui a joué en D2 hongroise. 

Vous n’avez plus d’équipe senior ?

Le club a rencontré de nombreuses difficultés, souvent provenant de l’extérieur (NDLR : Le stade de l’Amande a été suspendu pendant plus de six mois en 2025 en raison d’incidents autour du terrain). On pourra peut-être monter une équipe seniors avec nos jeunes actuels, mais est-ce que des gars qui évoluent en régional seront intéressés pour jouer en seniors au plus bas de l’échelle ? Notre vocation, en outre, est tournée vers les jeunes. Le club a un rôle social à jouer. Nous apprenons aux jeunes à jouer au foot, mais aussi à grandir et à devenir des citoyens. On leur inculque des valeurs de partage et de respect, on propose du soutien scolaire, de la sensibilisation… Nous y sommes très attachés. 

Que préparez-vous pour les 80 ans du club ?

On a eu envie de retracer l’histoire du club, chose que l’on avait déjà entrepris en 2015 pour les soixante-dix ans. On avait créé un groupe Facebook où les anciens du club pouvaient déposer leurs photos. On en a récolté pas mal. Il est important de transmettre l’histoire du club.