- Photo : Bruno Ignace Barbé
Il n’est pas dans les pratiques du président du FC Nantes de faire à l’issue de chaque saison un bilan des résultats obtenus pas plus d’ailleurs que celles d’annoncer au début les objectifs et les actions visant à développer le club.
Toutefois, l’urgence exige un changement dans la communication. Les fidèles supporters qui mesurent pleinement la gravité du moment ne conçoivent pas de redémarrer une nouvelle saison sans que la Direction ne tire les enseignements de la situation actuelle. Ils attendent que le président exprime sa vision de l’avenir et aussi ce qu’il souhaite faire vraiment de ce club.
Pour l’aider à nous apporter un éclairage à cette légitime exigence nous lui proposons de répondre aux 8 questions suivantes :
- La vision à moyen terme
Après presque deux décennies à la tête du club, comment imaginer ce qu’il va devenir dans les cinq prochaines années ? Est-il concevable de penser l’avenir sans la mise en place d’une réelle politique sportive avec des professionnels du football pour l’incarner ?
2. L’identité du club
Est-ce que FCN dispose encore aujourd’hui d’une identité reconnaissable dans le football français ? Est-ce que l’histoire récente mais plus lointaine aussi… ne serait pas un moyen efficace pour éclairer le développement futur ?
3. Le rapport au temps long
Comment expliquer que le club a connu pas moins de 21 changements d’entraîneur depuis votre arrivée avec des profils et des styles aussi différents ? Peut-on construire durablement un club compétitif sans une continuité sportive et managériale dans la prise de décision ?
4. La gouvernance du club
Au regard des enjeux, est-il concevable que le poste de Directeur Général ne soit pas sur place à Nantes un poste à plein temps ? Comment comprendre que celui de directeur sportif n’existe plus dans ce club qui pourtant a été, avec succès, à l’origine de sa création dans les années 60 ?
5. La relation avec les supporters
Comment ne pas comprendre que les passionnés soient plus attristés par l’absence d’ambition sportive que par les seuls résultats qui ne sont que la conséquence ? Comment faire en sorte que le formidable capital humain constitué par les supporters dans leur diversité puissent, enfin, demain trouver leur place dans l’écosystème du club ?
6. Le modèle économique et sportif
Le FCN peut-il retrouver durablement sa place dans l’élite sans une réelle stratégie économique orientée sur le territoire et les entreprises régionales ? Quelle place et quelle forme de reconnaissance souhaitez-vous accorder dans l’avenir à la formation ?
7. La responsabilité historique
Etes-vous prêt à reconnaître que le principal danger n’est pas la relégation sportive mais bien la perte d’identité et d’ambition sportive ? Que deviendrait votre propre engagement de conserver ce club si ce n’est pas pour lui donner l’aura qu’il mérite ?
8. La question de l’avenir
Êtes-vous disposer à repenser votre modèle pour initier un projet durable et redonner l’espoir à ceux qui désespèrent de l’avenir ? Etes vous prêt à ouvrir ce club aux anciens joueurs et aux acteurs qui peuvent l’aider à retrouver sa place dans l’élite du football français ?
Il nous semble indispensable que Waldemar Kita en tant que propriétaire apporte rapidement des réponses concrètes à ces questions.
Nous pensons aussi qu’il est important que les passionnés que nous sommes puissent être contributeurs sur ce que doit devenir ce club à un moment où il pourrait être logique de se désengager. N’hésitez pas à commenter cette lettre ouverte en apportant vos commentaires et vos idées concernant l’avenir.
2 Commentaires
Je soutiens sans réserves le bien-fondé cette lettre ouverte et globalement son contenu.
J’ajouterais néanmoins un point qui à mon sens n’a pas été abordé ou alors pas de manière suffisamment explicite pour être comprise du plus grand nombre.
Dans le cas de figure où vous (M. Kita) souhaitez rester propriétaire de ce club, accepteriez-vous l’arrivée de partenaires minoritaires au capital, conditionnée à un droit effectif de regard et de décision sur les orientations stratégiques, économiques et sportives (à l’entame de la saison et lors de points de situation périodiques à définir) ? Ou accepteriez-vous de conserver une participation minoritaire si un ou des investisseurs étaient intéressé(s) pour entrer au capital à un niveau supérieur au vôtre, au point de devenir majoritaire(s) et de vous priver du pouvoir décisionnaire ?
Merci Chris pour cette contribution et le fait d’expliciter plus clairement la question du leadership et de la participation au capital.
La question n’est pas seulement de rajouter au pot ou de faire face aux créances ce qui est déjà une démarche louable mais d’avoir une vraie stratégie de développement (acte 1) ce qui requiert l’obligation d’investir. Nous savons par exemple que la Jonelière n’est plus le formidable outil qu’il était au début des années 80. Il n’est pas concevable que dans le domaine sportif ce club à travers sa direction ne soit pas en mesure de penser et agir à moyen terme.